Par Arthur Dekeyser
En résumé
Arcadia doit relier les données des trois armées françaises dans un système de commandement souverain.
Le logiciel a réduit à moins d’une minute un calcul de planification navale présenté par Fabien Mandon.
La France teste Arcadia comme alternative européenne au Maven Smart System de Palantir.
Le signal : Arcadia doit relier 1 500 à 2 000 systèmes militaires français avant son entrée en service opérationnel prévue fin 2027.
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Arcadia arrive Le Commissariat au numérique de défense a présenté fin septembre Arcadia, futur logiciel de commandement des armées françaises. Le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, l’a également évoqué lors d’une audition parlementaire le 8 octobre 2026. Le système doit croiser les données militaires sans dépendre d’un éditeur américain comme Palantir. Il vise les trois composantes françaises, l’armée de Terre, la Marine et l’armée de l’Air et de l’Espace. Arcadia s’appuie massivement sur l’intelligence artificielle. Le projet doit répondre au Maven Smart System, déjà utilisé par l’OTAN. Le ministère présente ainsi une solution française pour maîtriser ses données opérationnelles et ses outils de commandement.
La souveraineté revendiquée Fabien Mandon estime que les algorithmes d’un système américain utilisé par l’OTAN ne sont pas connus des partenaires. Devant les députés, il a déclaré qu’il fallait refuser de dépendre de solutions américaines. Il a aussi associé la maîtrise des données et l’intelligence artificielle aux enjeux futurs de souveraineté. Le général a appelé à une solution européenne, sans dépendre de la Chine ni des États-Unis. Le Commissariat au numérique de défense décrit Arcadia comme un système de commandement interarmées souverain, centré sur la donnée et renforcé par l’IA. Le Commissariat au numérique de défense présente également le projet dans ses communications publiques.
Un parc éclaté Le ministère des Armées utilise entre 1 500 et 2 000 systèmes d’information différents. Arcadia doit faire circuler les données entre cette multitude d’outils. Les chefs militaires pourront ainsi travailler sur une image commune de la situation. Le ministère parle d’un « C2 store », comparable à une boutique d’applications. Arcadia doit fournir le socle auquel des industriels de la défense, des PME et des start-up pourront connecter leurs logiciels. Le Commissariat au numérique de défense présente l’outil comme ouvert, sûr et interopérable. Les opérationnels ont participé à la conception avec des spécialistes de la programmation. Cette méthode vise des outils adaptés aux besoins exprimés sur le terrain.
Un calcul accéléré Fabien Mandon a présenté un cas d’usage concernant la Marine nationale, durant la crise en mer Rouge et dans le détroit d’Ormuz. La Marine avait déployé près de 80 % de ses bateaux de combat. Elle devait alors organiser la maintenance des navires et gérer la fatigue des équipages. La planification reposait auparavant sur de grands tableaux et un traitement manuel. Avec l’IA, les utilisateurs définissent des paramètres, puis obtiennent une planification environ deux minutes plus tard. Le général a décrit un travail réalisé en moins d’une minute par l’intelligence artificielle. Ce résultat doit permettre aux responsables de consacrer davantage de temps aux questions générales de planification.
Maven reste installé Le Maven Smart System de Palantir sert déjà de système de commandement assisté par IA à l’OTAN. Fabien Mandon a expliqué que le sentiment d’urgence avait favorisé l’intégration de solutions américaines, alors que les Européens ne disposaient pas encore d’alternative. Arcadia prend la suite du programme SIA C2, qui a été abandonné. Le projet reprend aussi des travaux d’Artemis.IA, plateforme de traitement des données confiée par le ministère à Athea, une coentreprise de Thales et d’Atos. Artemis ciblait principalement le renseignement. Arcadia doit couvrir la conduite des opérations. Son modèle de langage, Berthier, a été développé avec Thales, Safran, Airbus et Mistral AI.
Des tests européens Le premier corps d’armée français a testé Arcadia. La France l’a aussi éprouvé lors d’exercices en Roumanie et sur son territoire. Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Pologne ont manifesté leur intérêt, selon le général Patrick Justel. Fabien Mandon a indiqué que le système avait été présenté à l’OTAN et que plusieurs partenaires européens avaient exprimé un intérêt. Le ministère poursuit parallèlement d’autres projets. Le Commissariat au numérique de défense a montré le 29 septembre un modèle de fondation souverain, entraîné sur le supercalculateur militaire Asgard, capable d’identifier des véhicules terrestres. Les militaires utilisent aussi GenIAI.intradef, assistant conversationnel disponible depuis début 2025. Arcadia doit entrer en service opérationnel après 2027.
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