Par Arthur Dekeyser
En résumé
Roland Lescure appelle à développer un écosystème européen de l’intelligence artificielle.
Mistral continue ses investissements d’infrastructure tout en publiant ses propres modèles.
L’État renforce son partenariat non exclusif avec Mistral dans plusieurs ministères.
Le signal : À San Francisco, Roland Lescure refuse de faire reposer la souveraineté européenne sur Mistral seule.
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Roland Lescure alerte sur la dépendance européenne à une seule entreprise d’intelligence artificielle. Le ministre de l’Économie a déclaré le 3 septembre à San Francisco que la souveraineté européenne ne pouvait pas reposer sur Mistral seule. « Si l’IA européenne se résume à Mistral, alors nous sommes fichus », a-t-il affirmé à des journalistes. Il appelle plutôt à développer un écosystème complet. Son déplacement dans la Silicon Valley prévoit des rencontres avec des investisseurs et des entreprises d’IA. Le ministre doit notamment se rendre au siège d’OpenAI. Il doit également rencontrer Stripe durant ce séjour californien. Lire l’article de Maddyness
L’Europe cherche plusieurs acteurs pour réduire le risque d’une dépendance unique. Roland Lescure a refusé de dire si Mistral devait rester un développeur de modèles de pointe face aux États-Unis et à la Chine. Il a évoqué deux trajectoires possibles pour l’entreprise. Mistral pourrait continuer à développer des modèles fondamentaux. Elle pourrait aussi devenir un fournisseur d’infrastructure de calcul et de services. Le ministre a déclaré que les entreprises devaient décider elles-mêmes. Il a toutefois salué Mistral comme une entreprise dont la France pouvait être fière. Selon lui, les modèles américains restent en avance, tandis que les modèles chinois suivent de près.
Un consortium italo-allemand a reçu en juin une mission de la Commission européenne. Il doit développer un modèle de pointe européen sur les supercalculateurs publics de l’Union européenne. Mistral ne fait pas partie de ce consortium. Cette décision illustre la volonté de faire émerger plusieurs capacités européennes. Mistral reste néanmoins valorisée près de 12 milliards d’euros. L’État français en est actionnaire indirect par l’intermédiaire de Bpifrance. L’entreprise a ouvert un premier centre de données en France cette année. Elle a aussi conclu un accord commercial avec Microsoft. En parallèle, Mistral continue de publier ses propres modèles d’intelligence artificielle.
L’État maintient son soutien à Mistral dans les administrations françaises. Le 18 août, le ministre du Budget David Amiel avait annoncé le recours à des fournisseurs d’IA souverains comme Mistral. Cette orientation excluait OpenAI après une cyberattaque contre l’administration fiscale. Mercredi, Bercy a confirmé le renforcement d’un partenariat non exclusif avec Mistral. De nouvelles expérimentations doivent être menées dans les ministères. La cybersécurité figure notamment parmi les domaines concernés. Cette décision intervient alors que Mistral investit dans ses infrastructures et conserve une activité de publication de modèles. Elle complète donc le projet européen confié au consortium italo-allemand en juin.
Roland Lescure évoque l’imprévisibilité de la politique américaine lorsqu’il est interrogé sur un éventuel chantage technologique. Il répond par un seul mot : « imprévisibilité ». En juin, Washington avait contraint Anthropic, le créateur de Claude, à couper pendant deux semaines l’accès des ressortissants étrangers à ses modèles les plus puissants. Cette intervention avait renouvelé les inquiétudes européennes sur la dépendance aux fournisseurs américains. Le déplacement du ministre à San Francisco combine ainsi rencontres économiques et message politique. Il défend une base européenne plus large, sans imposer à Mistral une orientation précise entre modèles fondamentaux, services et infrastructure. La couverture complète de Maddyness décrit ces annonces et leurs principaux acteurs.
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