Par Arthur Dekeyser
En résumé
Dassault Aviation a testé deux algorithmes souverains à bord d’un Rafale.
Un algorithme vient de Dassault et l’autre a été développé avec cortAIx.
L’avionneur ne donne encore aucune date pour une arrivée en escadron.
Le signal : Dassault Aviation a testé sur Rafale deux algorithmes souverains, dont un développé avec cortAIx, le pôle IA de Thales.
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Deux algorithmes français Dassault Aviation a testé en vol, sur un Rafale, deux algorithmes d’intelligence artificielle souverains. L’annonce intervient trois mois après l’abandon du chasseur commun du programme SCAF par la France et l’Allemagne. Le premier algorithme a été développé en interne par l’avionneur. Le second a été conçu avec cortAIx, le pôle intelligence artificielle de Thales. Dassault présente ces fonctions comme une IA maîtrisée et supervisée, conçue pour rester au service de l’équipage humain. L’entreprise ne détaille toutefois ni la nature des algorithmes, ni les missions visées, ni leur calendrier d’intégration. Lire l’annonce complète
Le SCAF change de trajectoire Le 8 juin, la France et l’Allemagne ont abandonné le chasseur commun du programme SCAF. Dassault Aviation poursuit désormais seul le successeur du Rafale. Ce changement intervient alors que chaque avionneur français trace sa propre route vers l’intelligence artificielle de combat. Les deux fonctions testées en vol pourraient être éligibles aux prochaines évolutions du Rafale, selon l’avionneur. Cette formulation décrit une possibilité d’intégration, pas une entrée en service annoncée. Les systèmes doivent composer avec des données opérationnelles rares et sensibles. Ils doivent aussi réunir plusieurs expertises et fonctionner sur des calculateurs embarqués aux ressources comptées.
Des contraintes embarquées fortes Une IA installée dans un avion de chasse ne dispose pas des mêmes moyens qu’un service exécuté dans une ferme de serveurs. Les calculateurs embarqués ont des ressources comptées, tandis que les données opérationnelles restent rares et sensibles. Dassault met également en avant la nécessité de faire travailler plusieurs expertises ensemble. Le terme souverain recouvre ici un périmètre précis : le code, les données et l’intégration restent entre des mains françaises. L’avionneur décrit donc une approche maîtrisée et supervisée, au service de l’équipage humain. Les missions exactes des deux algorithmes ne sont pas rendues publiques.
Les industriels multiplient les alliances Le 28 mai, Airbus a signé avec Mistral AI un partenariat couvrant ses avions commerciaux, ses hélicoptères, sa défense et son activité spatiale. L’ambition affichée inclut l’intelligence artificielle embarquée et la reconnaissance automatique d’objets pour la sécurité des vols. Dassault Aviation avait aussi mené, en janvier, la levée de fonds de 200 millions de dollars d’Harmattan AI. Fondée à Paris en 2024, cette jeune pousse travaille sur l’autonomie contrôlée du Rafale F5 et des drones de combat. Ces annonces montrent plusieurs voies industrielles françaises autour de l’IA aéronautique. Voir le partenariat Airbus et Mistral AI
Un effort industriel français Dassault Aviation affiche 7,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et environ 15 000 salariés. Ces ressources lui permettent de financer cette autonomie sans attendre un programme européen de remplacement. L’enjeu concerne aussi les données classifiées et l’assistance à des décisions potentiellement létales. Une dépendance à un fournisseur étranger ou à ses serveurs est ainsi décrite comme une vulnérabilité stratégique. Le vol d’essai intervient donc dans une recomposition du paysage industriel. L’entreprise ne donne toutefois aucune date pour l’arrivée de ces fonctions dans les escadrons. Suivre le canal WhatsApp de 01net
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