Par Arthur Dekeyser
En résumé
Andela a analysé près de 50 000 offres d’emploi dans l’ingénierie technique.
Plus de la moitié de 1 800 offres IA mélangent les compétences de plusieurs métiers.
L’analyse identifie des rôles émergents comme l’ingénieur FinOps reliability.
Le signal : Andela identifie plus de 1 800 offres IA où les compétences de plusieurs métiers se mélangent.
Vous appréciez ce genre d'analyse ?
Chaque mardi et vendredi, l'essentiel en business & IA décryptées en 5 minutes. Gratuit, sans engagement.
+11 000 fondateurs abonnés
Analyse Andela La société de talents technologiques Andela a analysé près de 50 000 offres d’emploi dans l’ingénierie technique. Son étude examine notamment plus de 1 800 annonces consacrées à des postes d’ingénieur IA, d’ingénieur en apprentissage automatique et à des intitulés proches. Plus de la moitié de ces offres mélangent des compétences associées à au moins deux métiers. Les annonces mentionnent notamment l’orchestration de grands modèles de langage, l’architecture d’agents autonomes et la conception de bases vectorielles. Andela estime ainsi que le secteur crée de nouveaux rôles plus vite qu’il ne parvient à les nommer. L’analyse publiée par HR Dive détaille ce décalage entre les intitulés et les exigences.
Un vocabulaire mouvant Cory Hymel, responsable de la recherche chez Andela, décrit l’intitulé d’ingénieur IA comme extrêmement large. Selon lui, les entreprises recherchent des compétences qui ne correspondent pas toujours aux rôles habituels de l’ingénierie informatique. L’analyse distingue notamment l’ingénieur d’applications de grands modèles de langage. Ce profil construit des applications à partir de modèles fondamentaux, plutôt que de les entraîner. Les descriptions de postes de responsables produit, d’ingénieurs front-end, d’ingénieurs back-end et de développeurs se recouvrent également. Andela qualifie ces chevauchements de « skill bleeds ». Le communiqué de l’étude présente ses conclusions sur les rôles émergents et les compétences associées à l’IA.
Front-end élargi Les ingénieurs front-end doivent désormais répondre à des attentes qui dépassent le développement d’interfaces. Cory Hymel indique que certaines entreprises recherchent chez eux de meilleures compétences relationnelles. Elles attendent aussi une capacité à définir et à développer des fonctionnalités, ce qui les rapproche partiellement du métier de responsable produit. Les ingénieurs en apprentissage automatique doivent parfois posséder des compétences d’architecte logiciel ou d’ingénieur back-end. Les spécialistes DevOps doivent, eux, connaître l’ingénierie infonuagique. Ces associations montrent que les descriptions de postes familières intègrent plusieurs domaines techniques. Elles rendent aussi les intitulés moins précis pour les candidats et les équipes chargées du recrutement. Andela indique que 53 % des offres d’emploi dans l’IA demandent des compétences qui ne correspondent pas directement à leur intitulé.
Nouveaux rôles L’équipe d’Andela a identifié plusieurs postes et ensembles de compétences émergents. La liste comprend l’ingénieur sécurité DevSecOps, l’ingénieur documentation-as-code et l’ingénieur analytique lakehouse. Elle cite aussi l’ingénieur fiabilité FinOps. Ce dernier suit les coûts de l’infrastructure infonuagique, la consommation de jetons, ainsi que les budgets et les prévisions des systèmes d’IA. Ces responsabilités combinent donc maîtrise financière, infrastructure et fonctionnement des modèles. L’étude relie ces rôles à des besoins que les entreprises peinent encore à exprimer dans leurs annonces. Elle fournit ainsi des exemples concrets du vocabulaire qui se forme autour des nouveaux travaux techniques.
Changements rapides Cory Hymel affirme que les compétences technologiques évoluent assez vite pour rendre certaines capacités obsolètes. Il parle d’une « dette de talents » qui s’exprime ensuite par des changements de postes. L’analyse d’Andela montre toutefois que les entreprises recherchent aussi de nouveaux domaines de travail et rencontrent des difficultés pour les décrire correctement dans leurs annonces. Hymel recommande d’éviter les réactions immédiates, comme les licenciements massifs. Les résultats présentés ne décrivent donc pas seulement une suppression de postes. Ils montrent également une recomposition des responsabilités, des intitulés et des compétences demandées dans les métiers techniques liés à l’IA.
Un enjeu pour le recrutement Pour les entreprises, cette évolution complique la rédaction des offres et la comparaison des candidatures. Un intitulé trop général peut attirer des profils très différents, tandis qu’une liste de compétences trop longue risque de décourager des candidats pertinents. Les équipes de recrutement doivent donc davantage décrire les missions concrètes, les outils utilisés et le niveau d’autonomie attendu. Cette approche peut aussi aider les salariés à identifier les compétences transférables entre plusieurs métiers. Dans un marché où les usages de l’IA se développent rapidement, la précision des descriptions de postes devient ainsi un facteur important pour attirer et fidéliser les talents. Le communiqué d’Andela, publié en 2025, souligne que cette clarification est nécessaire alors que les intitulés évoluent plus lentement que les technologies.
Gardez un coup d'avance en IA et tech.
Chaque mardi et vendredi, l'essentiel en business & IA décryptées en 5 minutes. Zéro spam.
+11 000 fondateurs abonnés