L’affaire Anthropic expose la dépendance IA de l’Europe
#claude #mistral #deepseek 3 min · 26 octobre 2026

L’affaire Anthropic expose la dépendance IA de l’Europe

Par Arthur Dekeyser

En résumé

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L’Europe dépend de puissances étrangères sur toute la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle.

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Les États-Unis contrôlent une large part des modèles, du cloud et des GPU les plus avancés.

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Les experts recommandent une autonomie fondée sur plusieurs fournisseurs et des degrés de souveraineté.

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Le signal : L’Europe ne représente que 5 % des capacités mondiales de centres de données, contre 75 % pour les États-Unis et 15 % pour la Chine.

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Dépendance européenne L’Europe cherche à réduire ses dépendances technologiques face aux États-Unis et à la Chine. La souveraineté désigne l’indépendance vis-à-vis des juridictions et influences de gouvernements étrangers. Dario Maisto, analyste chez Forrester, estime qu’un gouvernement étranger ne devrait pas pouvoir empêcher l’accès à des technologies, des données, des tâches ou des infrastructures. Un épisode récent a illustré cette vulnérabilité. En juin, Washington a contraint Anthropic, créatrice du logiciel Claude, à couper l’accès de tout ressortissant étranger à ses modèles les plus puissants. L’Union européenne a retrouvé cet accès en septembre, après plusieurs mois de négociations. (Lire l’analyse de Maddyness)

Une chaîne très exposée Les dépendances européennes couvrent les matières premières, les composants, les infrastructures et les modèles. La Chine contrôle environ 60 % de l’extraction des terres rares et 90 % de leur raffinage, selon l’Agence internationale de l’énergie. L’Union européenne produit moins de 10 % des semi-conducteurs mondiaux. Elle ne fabrique aucune des puces graphiques les plus avancées destinées à l’IA. Nvidia et AMD, aux États-Unis, ainsi que TSMC, à Taïwan, conçoivent ou fabriquent ces GPU. L’entreprise néerlandaise ASML fournit toutefois les machines nécessaires à la gravure des puces. (Voir Nvidia France)

L’Europe dépend du cloud étranger

Des infrastructures concentrées L’Europe ne représente actuellement que 5 % de la capacité mondiale des centres de données. Les États-Unis en concentrent approximativement 75 %, contre 15 % pour la Chine. Le cloud européen dépend également de trois groupes américains. AWS, Microsoft Azure et Google Cloud se partagent environ 70 % du marché européen. Cette concentration concerne une infrastructure essentielle pour entraîner, héberger et utiliser des modèles d’IA. Les données et les calculs peuvent donc dépendre de fournisseurs situés hors du continent. Andrea Renda, directeur de recherche au CEPS, a détaillé ces écarts à l’AFP. Ils décrivent une capacité européenne très inférieure à celle des deux principales puissances technologiques.

Des modèles encore concentrés Quelques entreprises européennes développent des modèles d’IA, notamment le Français Mistral et l’Allemand Black Forest. Les technologies les plus avancées restent toutefois concentrées chez plusieurs acteurs américains et chinois. OpenAI, Anthropic, Meta et Google DeepMind figurent parmi les acteurs américains cités. DeepSeek représente l’acteur chinois mentionné. Une note de Rexecode rappelle que ces modèles nécessitent des coûts de développement colossaux. Bruxelles a lancé plusieurs programmes d’investissement dans les minerais critiques et les puces. Sylvain Duranton, du BCG, estime cependant que l’Europe ne construira pas une forteresse utilisant uniquement des technologies européennes.

Les experts défendent une autonomie graduée

Des choix selon les usages Les experts recommandent de parler d’autonomie plutôt que de souveraineté totale. Un rapport de Forrester publié en juillet juge cette souveraineté hors de portée, y compris pour la Chine et les États-Unis. Dario Maisto définit l’autonomie comme la capacité à conserver plusieurs options et à éviter un fournisseur unique. En Europe, des entreprises utilisent déjà des plateformes donnant accès à des modèles commerciaux américains, chinois et européens. Elles choisissent ces modèles selon leurs besoins. Pour les usages sensibles, des entreprises et des gouvernements installent des modèles sur leurs propres serveurs. L’industrie militaire nécessite, selon les experts, une vigilance supérieure.

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