Karin Valentini redoute l’atrophie des compétences clés
Rh 3 min · 17 septembre 2026

Karin Valentini redoute l’atrophie des compétences clés

Par Arthur Dekeyser

En résumé

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L’IA générative peut réduire l’exercice quotidien de compétences qui restent stratégiques.

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Une étude de 2025 relie la confiance accordée à l’IA à une mobilisation moindre de la pensée critique.

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Karin Valentini propose d’intégrer activation, réactivation et friction cognitive dans les pratiques RH.

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Le signal : L’étude menée en 2025 par Carnegie Mellon University et Microsoft Research a interrogé 319 travailleurs sur 936 situations d’usage.

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Karin Valentini alerte sur un risque moins visible que l’obsolescence des métiers. Dans une tribune publiée le 17 septembre 2026, la directrice Learning & Future Skills de Tomorrow Theory décrit l’atrophie possible des compétences stratégiques. Une capacité peut rester inscrite dans un référentiel et demeurer indispensable à l’organisation. Pourtant, elle peut être de moins en moins sollicitée dans l’activité quotidienne. L’automatisation progressive d’une partie du travail crée alors un écart entre la compétence déclarée et la capacité réellement mobilisable. Le phénomène concerne notamment le jugement, la décision dans l’incertitude et l’expertise métier. Il place la maintenance des compétences au centre des réflexions RH sur l’usage de l’IA générative.

Un manager assisté peut commencer chaque analyse avec une IA pendant deux ans. L’outil synthétise les informations, repère les enjeux, structure les arguments et propose plusieurs options de décision. Le travail devient plus rapide et peut-être meilleur. Une situation inhabituelle peut toutefois révéler une fragilité. Si l’analyse produite comporte une erreur essentielle, le manager doit encore repérer ce qui ne tient pas. Il doit aussi construire une autre hypothèse et reprendre seul le raisonnement. Karin Valentini souligne que les entreprises se concentrent surtout sur les tâches automatisées et les compétences nouvelles. Elles doivent également observer les capacités toujours stratégiques, mais progressivement moins exercées par les collaborateurs.

319 travailleurs évaluent leur pensée critique

Une étude de 2025 menée par Carnegie Mellon University et Microsoft Research documente cette transformation de l’effort cognitif. Les chercheurs ont interrogé 319 travailleurs de la connaissance sur 936 situations réelles d’utilisation d’une IA générative. Selon leurs résultats, l’activité cognitive ne disparaît pas. Les utilisateurs consacrent davantage de temps à vérifier les informations produites, intégrer les réponses et superviser le résultat final. Les chercheurs observent toutefois une relation entre confiance et pensée critique. Plus les utilisateurs font confiance à l’IA pour une tâche, moins ils déclarent mobiliser leur pensée critique. Une confiance plus forte dans leur propre expertise est associée à davantage de pensée critique.

La compétence se maintient par une mobilisation régulière, selon le raisonnement présenté dans la tribune. Une capacité ne dépend pas uniquement de son acquisition initiale. Elle dépend aussi de la possibilité de remobiliser les ressources nécessaires lorsque la situation l’exige. Les sciences cognitives citées par Karin Valentini distinguent la simple relecture de la récupération active d’une information. Cette récupération consolide davantage l’apprentissage. L’espacement des réactivations favorise également la rétention à long terme. Une compétence peu sollicitée peut donc devenir plus difficile à mobiliser. Le cycle de développement devrait associer acquisition, activation, réactivation régulière, mise à l’épreuve et actualisation.

Les RH organisent la maintenance

Trois actions se dégagent pour les directions des ressources humaines. La première consiste à ajouter un radar de l’usage réel aux outils existants, comme la matrice de compétences ou l’entretien annuel. Ce suivi doit repérer les capacités stratégiques de moins en moins exercées, même sans écart constaté. La deuxième consiste à intégrer la maintenance dans les plans de développement individuels. Des réactivations régulières peuvent concerner les capacités jugées critiques. La troisième consiste à ajouter la friction cognitive aux cahiers des charges des outils IA. Les critères de performance et d’ergonomie ne suffisent donc pas à décrire l’outil adapté à une compétence que l’organisation souhaite garder vivante. La tribune de Karin Valentini présente cette approche en détail. Son profil professionnel indique son travail sur le développement des compétences. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur la formation IA et les obligations de l’AI Act.

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