En résumé
Des chercheurs alertent sur une perte de capacités de jugement chez les managers.
La pression temporelle favorise un usage de l’IA comme raccourci décisionnel.
Une utilisation réflexive peut aider les managers à tester leurs raisonnements.
Le signal : La moitié des salariés interrogés par GoTo se disent trop dépendants de l’IA au travail en 2026.
Vous appréciez ce genre d'analyse ?
Chaque mardi et vendredi, l'essentiel en business & IA décryptées en 5 minutes. Gratuit, sans engagement.
+11 000 fondateurs abonnés
Des chercheurs internationaux alertent sur un risque de « désapprentissage épistémique » chez les managers qui s’appuient excessivement sur l’IA générative. Cette perte concerne des capacités liées aux connaissances, normalement développées par l’expérience, la réflexion et les interactions humaines. Les chercheurs viennent d’universités des États-Unis, du Royaume-Uni et de Suisse. Leur article a été publié le mois dernier. Ils associent notamment cette dépendance à une moindre capacité à construire un jugement moral, une compréhension du contexte et des connaissances professionnelles. Le phénomène concernerait surtout les managers soumis à une forte pression temporelle. Ils utilisent alors l’IA comme raccourci, plutôt que d’examiner les problèmes en profondeur. Lire l’analyse de Dive Brief
L’usage progresse en 2026 dans les environnements professionnels, tandis que certains salariés reconnaissent une dépendance excessive aux outils d’IA. Une enquête récente menée par GoTo indique que la moitié des employés interrogés se disent trop dépendants de l’IA au travail. Une part plus réduite affirme ne pas pouvoir fonctionner sans elle. Le rapport, publié en mai, relève aussi des inquiétudes sur l’affaiblissement des compétences. Parmi les salariés de la génération Z interrogés par GoTo, 46 % estiment que leur dépendance à l’IA les a rendus moins intelligents. Ces perceptions apparaissent alors que les employeurs poussent leurs équipes à utiliser davantage ces outils.
Dirk Lindebaum explique que l’IA générative remplace des apprentissages que les managers peuvent acquérir par l’expérience directe. Selon ce professeur de l’Université de Bath, cette substitution peut nuire au développement des compétences. Les sorties de l’outil ne possèdent pas le contexte ni le jugement moral nécessaires aux décisions complexes, ajoute-t-il. L’IA ne fait pas l’expérience du monde et ne comprend pas les conséquences des décisions. Elle ne saisit pas non plus les dimensions sociales et émotionnelles du travail. Ses réponses reposent sur des régularités présentes dans des données existantes. Lire l’analyse de l’Université de Bath
Une autre méthode consiste à utiliser l’IA comme outil de réflexion, plutôt que comme simple générateur de réponses. Les chercheurs parlent alors de « montée en compétences épistémique ». Les managers peuvent confronter leurs hypothèses aux résultats de l’outil. Ils peuvent aussi tester leur raisonnement et examiner plusieurs scénarios alternatifs. Cette approche vise à approfondir la réflexion sur les choix et leurs conséquences. Elle ne présente donc pas l’IA comme nécessairement nuisible au management. Elle l’intègre dans un processus où le manager conserve l’examen des hypothèses, l’interprétation du contexte et l’évaluation des effets possibles d’une décision.
Une analyse de Resume Now estime que certaines compétences durables pourraient rester importantes pour encadrer l’IA. Elle cite notamment la compréhension orale, l’expression orale, la sensibilité aux problèmes et le raisonnement déductif. Des observateurs des ressources humaines identifient également la pensée critique et le jugement des données comme des capacités importantes dans un environnement marqué par l’IA. Les chercheurs recommandent ainsi que les équipes RH intègrent le risque de surutilisation dans leurs plans de gestion des talents. Cette recommandation s’inscrit dans un ensemble de travaux montrant que les compétences peuvent se dégrader lorsque les salariés deviennent dépendants de la technologie.
Gardez un coup d'avance en IA et tech.
Chaque mardi et vendredi, l'essentiel en business & IA décryptées en 5 minutes. Zéro spam.
+11 000 fondateurs abonnés