Aux États-Unis, les fonds ciblent défense, data centers et IA
Industrie 3 min · 6 octobre 2026

Aux États-Unis, les fonds ciblent défense, data centers et IA

Par Arthur Dekeyser

En résumé

1

Les sociétés de défense représentent 29 % des acquisitions industrielles au premier semestre 2026.

2

Les entreprises liées aux data centers et à l’IA représentent également 29 % des opérations.

3

Le capital-investissement a acquis plus de 170 entreprises américaines employant au moins 500 salariés.

💡

Le signal : Les entreprises liées à la défense et celles liées aux data centers ou à l’IA représentent chacune 29 % des acquisitions du S1 2026.

NEWSLETTER BUSINESS & IA

Vous appréciez ce genre d'analyse ?

Chaque mardi et vendredi, l'essentiel en business & IA décryptées en 5 minutes. Gratuit, sans engagement.

+11 000 fondateurs abonnés

Le capital-investissement a concentré ses acquisitions industrielles américaines sur la défense, les data centers et l’IA au premier semestre 2026. Selon un rapport publié le 29 septembre par le Private Equity Stakeholder Project, les entreprises fournissant des biens ou services au secteur de la défense représentaient 29 % des sociétés acquises. Les entreprises fournissant des composants pour les data centers ou intégrant l’IA à leurs produits représentaient également 29 % des acquisitions. Plus de 170 entreprises américaines employant au moins 500 personnes ont été acquises par des fonds durant les six premiers mois de 2026. Lire l’analyse de Manufacturing Dive

Les grandes entreprises ont davantage attiré les fonds au deuxième trimestre. Les sociétés industrielles comptant plus de 500 salariés représentaient plus de 20 % des acquisitions menées par le capital-investissement. Cette part a atteint 26 % au deuxième trimestre, contre 16 % au premier trimestre. Le rapport du Private Equity Stakeholder Project relie cette activité à la croissance de la défense, des data centers et de l’intelligence artificielle. Sam Garin, coordinateur de la communication du PESP, a déclaré que les fonds « misent à fond sur tout ce qui concerne l’IA ». Le rapport décrit ainsi une concentration sectorielle mesurable.

La défense attire les fonds

Le rôle de Cerberus s’est renforcé au sein du département américain de la Défense. Le Sénat américain a confirmé Steve Feinberg, cofondateur de Cerberus, comme secrétaire adjoint à la Défense en mars 2025. Depuis sa prise de fonction, George Kollitides, ancien responsable de la défense chez Cerberus, dirige l’Economic Defense Unit du Pentagone. Cette unité a été lancée au premier semestre 2026. David Lorch, également issu de Cerberus, supervise l’Office of Strategic Capital du département. Tomas Rakusan y exerce comme conseiller principal auprès du secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Ces nominations accompagnent l’intérêt accru des fonds pour les entreprises liées à la défense.

Les rachats financés reposent généralement sur une dette placée sur l’entreprise acquise, selon Sam Garin. Le PESP considère cette structure comme un facteur de risque pour les petites et moyennes entreprises. L’organisation affirme que certaines sociétés peuvent éprouver des difficultés à gérer cette dette, avec des conséquences possibles sur les faillites et les licenciements. Son rapport associe aussi la détention par des fonds à une consolidation accrue des marchés manufacturiers. Il cite également des licenciements, des faillites, des actions contre les syndicats et des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs et des communautés. Ces constats portent sur les effets observés par le PESP dans les entités manufacturières concernées.

Les acquisitions restent sous tension

Les droits de douane augmentent les coûts supportés par les entreprises, dans le cadre de la politique commerciale mondiale de l’administration Trump. Stephen Garin estime que cette politique, avec le rapatriement d’activités industrielles aux États-Unis, contribue à l’intérêt des fonds pour le secteur manufacturier. Le PESP affirme toutefois que certains fonds réduisent fortement les coûts au lieu d’améliorer les activités. L’organisation leur reproche aussi de diminuer certaines dépenses liées aux salariés et de financer des consultants opposés aux syndicats. Garin soutient que les fonds privilégient alors les bénéfices. Les entreprises acquises peuvent inscrire des garanties dans les conditions de l’opération, notamment sur la négociation collective.

Gardez un coup d'avance en IA et tech.

Chaque mardi et vendredi, l'essentiel en business & IA décryptées en 5 minutes. Zéro spam.

+11 000 fondateurs abonnés

À lire aussi