Eryn Lawley délaisse le numérique pour la reliure
Industrie 3 min · 28 août 2026

Eryn Lawley délaisse le numérique pour la reliure

Par Arthur Dekeyser

En résumé

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Eryn Lawley apprend la reliure artisanale après un diplôme en sciences politiques.

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Cox London a reçu plus de 160 candidatures pour deux places d’apprentissage.

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Le National Theatre a reçu 728 candidatures pour un poste d’apprenti.

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Le signal : Cox London a reçu plus de 160 candidatures pour deux apprentissages en métal d’art cette année.

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Eryn Lawley change de voie professionnelle pour apprendre la reliure artisanale à Ludlow Bookbinders, dans le Shropshire. Âgée de 27 ans, cette diplômée en sciences politiques est apprentie en deuxième année. Elle explique vouloir « mettre sa carrière à l’épreuve de l’avenir » en quittant le monde numérique. Les techniques centrales de la reliure n’ont pas changé depuis plusieurs siècles. Le travail s’effectue presque entièrement à la main, avec des presses construites à l’époque victorienne, des machines de dorure et des pinceaux à colle. Lawley dit rechercher une activité matérielle, répétitive et satisfaisante. Elle associe aussi ce travail à une moindre exposition aux écrans et à un rythme plus méditatif. Lire l’article complet du Guardian

Les métiers numériques reculent dans plusieurs secteurs d’entrée de carrière, selon l’article. Les jeunes comptables, ingénieurs logiciels et juristes débutants voient leurs postes perturbés par des outils d’automatisation peu coûteux. Les domaines créatifs sont également concernés. Des technologies d’IA peuvent produire rapidement des œuvres, des textes longs ou des dossiers de conception complexes. Face à cette évolution, certains jeunes travailleurs se tournent vers des métiers patrimoniaux. La fabrication de bateaux, le travail du métal et la reliure demandent notamment de la dextérité, des connaissances spécialisées et un jugement créatif. Ces compétences manuelles sont présentées comme difficiles à automatiser, sans que cela constitue une garantie contre les évolutions technologiques.

Ludlow forme ses relieurs

Paul Kidson alerte sur la contraction de la reliure artisanale britannique. Le directeur général de Ludlow Bookbinders, issu d’une quatrième génération de relieurs, estime que le Royaume-Uni compte désormais moins de 50 relieurs travaillant à la main. Les dispositifs formels d’apprentissage se sont effondrés au début des années 1980. L’entreprise doit donc former ses propres collaborateurs, car les formations disponibles ne permettent pas de recruter en volume. Kidson considère l’intérêt renouvelé des jeunes comme une possibilité de préserver cette industrie. La demande commerciale existe aussi. Des éditeurs haut de gamme misent sur des objets fabriqués par des artisans et vendus avec une prime liée au travail humain.

Folio Society refuse les outils d’IA générative dans ses processus artistiques. Joanna Reynolds, sa directrice générale, affirme que l’éditeur veut soutenir le monde créatif. Folio Society s’est associé à Ludlow Bookbinders pour une édition limitée d’un livre consacré à Game of Thrones. Dans le travail du métal d’art, Cox London a lancé son programme d’apprentissage l’an dernier. Nicola Cox, cofondatrice de l’entreprise, indique avoir reçu plus de 160 candidatures pour deux places cette année. L’apprentie Lucky Emerson estime que la fabrication physique conserve une valeur particulière, notamment lorsque les clients recherchent l’originalité. Nazifa Tabassum voit toutefois l’IA comme un outil d’assistance possible, et non comme un remplacement de son expertise.

Le National Theatre trie 728 dossiers

Le National Theatre élargit ses apprentissages techniques à l’informatique, à la fabrication de perruques, à la conception de costumes, à la création d’accessoires et au travail du métal. Kath Geraghty, responsable des qualifications techniques, dit vouloir répondre à une pénurie de compétences. Elle précise que les métalliers de l’institution ont tous plus de 50 ans et que la fabrication de perruques est une compétence en voie de disparition. L’objectif consiste aussi à préparer des professionnels pour le cinéma, la télévision et la diffusion audiovisuelle. Sarah Ray-Dobson, apprentie accessoiriste de 27 ans, déclare que son activité pratique n’a pas été touchée par l’IA à son niveau pendant ses deux premières années.

Le recrutement déborde au National Theatre, avec 728 candidatures pour un seul poste lors de la campagne la plus récente. Kath Geraghty compare ce volume aux 100 candidatures qui signalaient auparavant un apprentissage très recherché. L’institution rencontre des difficultés pour examiner attentivement plus de 700 dossiers. Elle attribue une partie de cette pression à des candidatures générées par l’IA. Les métiers manuels attirent donc simultanément davantage de jeunes candidats et des procédures de sélection plus lourdes. Chez Cox London, le rapport entre candidatures et places atteint déjà 80 pour une. Chez Ludlow Bookbinders, la formation interne répond à une industrie qui compte moins de 50 relieurs manuels au Royaume-Uni.

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