Eric So met en garde contre l’atrophie cognitive liée à l’IA
Formation #claude #chatgpt 3 min · 22 octobre 2026

Eric So met en garde contre l’atrophie cognitive liée à l’IA

Par Arthur Dekeyser

En résumé

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Eric So relie l’usage intensif de l’IA à une possible atrophie cognitive.

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Une étude d’Anthropic indique qu’environ la moitié des requêtes étudiantes analysées demandaient des réponses simples.

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Le professeur du MIT recommande d’utiliser l’IA comme tuteur plutôt que comme machine à réponses.

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Le signal : Eric So estime qu’un usage intensif de l’IA peut provoquer une forme d’atrophie cognitive et réduire l’effort nécessaire à l’apprentissage.

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Publication récente. Eric So, professeur au MIT, publie ce mois-ci The Collision: What AI Does to Us chez W.W. Norton. Le livre examine les effets de l’intelligence artificielle sur la pensée, l’apprentissage et les comportements sociaux. So reconnaît que l’IA peut accélérer certaines tâches et devenir utile dans des domaines spécialisés. Il analyse toutefois les coûts d’un recours trop large à ces outils. Selon lui, un usage intensif peut conduire à une forme d’atrophie cognitive. Les personnes concernées risquent alors de moins développer ou conserver certaines compétences de raisonnement. Dans un entretien accordé à MIT News, il détaille cette collision entre technologie, cognition et société.

Une expérience personnelle. Eric So explique avoir écrit le livre après avoir observé ses propres réflexes. Un jour, une collègue lui a demandé de l’aide. Il a rédigé une demi-phrase, puis demandé à ChatGPT de la terminer professionnellement. Après quelques modifications légères, il a envoyé le message. Il s’est ensuite inquiété d’avoir retiré sa propre réflexion du processus. So observe un phénomène similaire chez des étudiants. Certains confient à l’IA des devoirs qui devraient les aider à maîtriser une matière. Pour le professeur, cette délégation ne concerne donc pas seulement la production d’un résultat. Elle touche aussi les pratiques mentales qui permettent d’apprendre et de retenir des connaissances.

Eric So décrit une gravité de l’IA

Des incitations convergentes. So appelle « AI gravity » la pression constante qui pousse les personnes vers ces outils. Il cite d’abord un instinct biologique visant à économiser l’énergie mentale. Il évoque ensuite la concurrence sociale créée lorsque d’autres utilisent l’IA pour avancer plus vite. La difficulté à détecter concrètement ces usages renforce aussi cette pression. Dans certaines organisations, l’utilisation de l’IA entrerait même dans l’évaluation professionnelle. Un salarié pourrait devoir l’employer pour viser une prime ou une promotion. Dans le monde académique, So décrit également une anticipation des attentes des employeurs. Des étudiants commencent à utiliser l’IA parce qu’ils pensent devoir le faire plus tard.

Une dépendance progressive. Selon Eric So, l’utilisation précoce de l’IA peut éloigner les personnes des pratiques qu’elles cherchent pourtant à construire. Cette perte de pratique renforcerait ensuite leur dépendance aux outils. Il décrit ainsi un mécanisme autoentretenu entre usage, affaiblissement des capacités et nouvel usage. So affirme que l’IA ne modifie pas seulement ce que les personnes peuvent faire. Elle transforme aussi leur manière de penser. Les modèles suppriment une partie de la friction nécessaire à la maîtrise des bases. Ils procurent un soulagement immédiat face aux problèmes. Ils influencent aussi la mémoire, lorsque les utilisateurs les consultent comme premier accès à l’information.

So recommande quatre règles d’usage

Un effort à préserver. Eric So défend la « productive struggle », ou effort formatif, comme une composante de l’apprentissage. Il affirme que les personnes apprennent mieux lorsqu’elles affrontent la matière, traversent des échecs initiaux et itèrent. Il compare cette évolution à la période post-industrielle. Lorsque l’activité physique est devenue moins nécessaire au travail, l’exercice s’est développé comme pratique volontaire. So propose une réflexion similaire pour l’effort cognitif. Il recommande d’abord d’accepter la difficulté. Il invite ensuite à valoriser ce que chacun sait faire sans IA. Il cite des présentations préparées avec Claude, parfois très soignées, mais mal comprises par leurs présentateurs.

Quatre principes pratiques. Le troisième principe de So consiste à réinvestir le temps économisé par l’IA. Les tâches répétitives peuvent être accélérées, mais le temps libéré doit servir à développer une expertise, apprendre une langue, cultiver des compétences ou s’occuper de sa famille. Son quatrième principe consiste à utiliser l’IA comme entraîneur cognitif. So distingue cet usage d’une machine à réponses. Un outil peut aider à apprendre s’il agit comme un tuteur adapté à l’utilisateur. Cette méthode exige cependant de rechercher volontairement une friction plus importante. Dans The Collision, publié par W.W. Norton, So présente ces règles comme des repères personnels face à l’usage croissant de l’IA.

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