Anthropic diffuse une extension compromise sur Cursor

Anthropic diffuse une extension compromise sur Cursor

Par Arthur Dekeyser

En résumé

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Anthropic a diffusé la version compromise 2.1.313 via son compte officiel sur Cursor.

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La porte dérobée a collecté des informations système et tenté d’établir un tunnel SSH persistant.

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Cursor a retiré l’extension malveillante et fermé temporairement son marché VS Code.

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Le signal : L’extension Anthropic 2.1.313 a tenté d’installer une porte dérobée SSH sur Windows, macOS et Linux.

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Anthropic a diffusé une version compromise de son extension VS Code pour Claude sur le marché de Cursor. La version 2.1.313 a concerné au plus 5 000 utilisateurs, selon Cursor. Elle était disponible pendant près de douze heures, entre 5 h 27 et 16 h 35, jeudi. Les développeurs pouvaient l’obtenir par téléchargement ou par mise à jour automatique. Le chercheur indépendant Kevin Beaumont a indiqué qu’Anthropic avait ensuite publié la version 2.1.314. Selon Beaumont et Luke Roberts, directeur technique et cofondateur de Phorion, la version malveillante provenait du compte officiel d’Anthropic sur Cursor. Anthropic n’a toutefois pas encore averti publiquement ses clients de l’incident. Lire le compte rendu d’Ars Technica.

La compromission visait le canal officiel de distribution de l’extension. Luke Roberts l’a qualifiée de compromission de la chaîne d’approvisionnement. La version 2.1.313 a remplacé la version 2.1.312 sur le compte officiel d’Anthropic. Les extensions de Cursor se mettent automatiquement à jour par défaut, mais les utilisateurs peuvent modifier ce réglage. L’extension malveillante fonctionnait avec les permissions de l’environnement de développement intégré de Cursor. Elle pouvait donc accéder aux fichiers locaux, au code source et aux outils de développement présents sur la machine. Cursor et Anthropic n’ont pas expliqué comment les attaquants avaient pris le contrôle du compte officiel. Phorion détaille la compromission.

L’extension installait un tunnel SSH

Le code malveillant tentait d’ajouter une clé SSH contrôlée par l’attaquant dans le fichier authorized_keys. Il cherchait aussi à activer le service SSH local et à ouvrir un tunnel SSH inversé. Ces fonctions ciblaient Windows, macOS et Linux. Le code comportait toutefois des erreurs. Sauf circonstances inhabituelles, l’ajout de la clé échouait lorsque Cursor ne disposait pas de privilèges administrateur. Des erreurs sous Windows et macOS empêchaient également le fonctionnement de la porte dérobée dans certains cas. Phorion estime néanmoins que le logiciel restait une menace importante. Il installait une persistance et envoyait des informations de reconnaissance de la machine à l’opérateur.

Les informations collectées comprenaient le nom de l’hôte, le nom de l’utilisateur, le système d’exploitation, l’architecture et le chemin du répertoire personnel. Le code récupérait aussi les noms des variables d’environnement, les répertoires de travail, l’adresse électronique Git configurée et l’adresse IP publique. Phorion estime que ces noms de variables pouvaient aider l’opérateur à repérer des identifiants infonuagiques et des jetons d’API. Le tunnel tentait de rester actif grâce à un LaunchAgent sur macOS ou à une tâche planifiée sur Windows. Des scripts en arrière-plan relançaient le tunnel environ toutes les 60 secondes. Un envoi HTTP POST vers /beacon sur le port 8099 signalait l’état de la porte dérobée.

Cursor bloque la distribution compromise

Cursor a retiré la version 2.1.313 de son marché et a bloqué sa distribution. Ses équipes ont travaillé avec le fournisseur infonuagique hébergeant le serveur du shell inversé. Cette action devait empêcher les appareils infectés de joindre ce serveur. Cursor a aussi fermé son marché VS Code afin de renouveler les clés et d’auditer les contrôles d’accès. Le marché est désormais rouvert. L’entreprise a indiqué vouloir vérifier qu’aucune autre extension n’avait été compromise. Cursor et Phorion publient plusieurs indicateurs de compromission, notamment des adresses IP et des empreintes cryptographiques. Les utilisateurs concernés peuvent donc comparer leurs environnements avec ces indicateurs.

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