Par Arthur Dekeyser
En résumé
Anthropic affirme que Cathedral a atteint seulement certains systèmes commerciaux, RH et informatiques.
La faille CVE-2026-97631 affecte les serveurs utilisant le démarrage réseau PXE.
Cloudflare a corrigé une fuite de données entre clients sur Workers AI.
Le signal : Anthropic affirme que l’intrusion de Cathedral n’a pas touché Claude, le code source ni les poids des modèles.
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Anthropic conteste une intrusion revendiquée par Cathedral, une jeune entreprise de cybersécurité fondée par d’anciens collaborateurs du DOGE. Selon un projet de rapport consulté par le Washington Post, ses agents d’IA auraient pénétré certains systèmes internes d’Anthropic en moins de douze heures. L’opération aurait exploité des faiblesses de logiciels professionnels fournis par des tiers. Cathedral affirme avoir atteint des transcriptions de réunions, des données de rémunération et d’offres d’emploi, ainsi que des échanges Slack sur les modèles les plus avancés d’Anthropic. Anthropic indique que l’accès concernait seulement un périmètre limité de systèmes commerciaux, RH et informatiques. L’entreprise a coupé l’accès le jour même.
Le périmètre reste disputé. Anthropic affirme que les conversations avec Claude, le code source et les poids des modèles n’ont pas été touchés. L’entreprise accuse aussi Cathedral d’avoir enfreint les règles de son programme de récompense pour vulnérabilités, en ne déclarant pas toute son activité. Cathedral avait transmis ses résultats dans ce cadre. Le rapport relayé par le Washington Post décrit une intrusion menée par des agents d’IA. Ces éléments opposent donc deux lectures de l’incident. L’une insiste sur l’accès obtenu rapidement. L’autre limite les systèmes concernés et exclut les actifs liés aux modèles.
La vulnérabilité CVE-2026-97631 concerne une étape précise du démarrage : l’initialisation réseau par PXE. CVE-2026-97631 désigne un dépassement de tampon vieux de seize ans dans TianoCore EDK II. Ce code ouvert est utilisé par la plupart des fournisseurs de serveurs et des centres de données via AMI, Insyde et Phoenix. La vulnérabilité concerne les machines qui utilisent le démarrage réseau PXE. Un attaquant disposant d’un accès au réseau local peut envoyer un message d’erreur ICMP surdimensionné pendant le démarrage. Il peut alors bloquer le processus. Si la version du micrologiciel est connue, l’attaque peut permettre l’exécution de code avec les privilèges les plus élevés. Cette exécution intervient avant l’activation de protections comme Secure Boot, selon Ars Technica.
Les correctifs arrivent après une publication anticipée provoquée par AMI. Le fournisseur avait publié une correction du code plusieurs mois avant une divulgation prévue en janvier. La faille avait été découverte par des chercheurs d’Anthropic et de Google. Les organisations doivent rechercher les mises à jour de micrologiciel auprès de leurs fournisseurs. L’exposition reste liée à l’usage du démarrage réseau. Le même bulletin signale aussi que Cloudflare a corrigé une fuite entre clients sur Workers AI. Entre le 27 août et le 9 septembre, 155 réponses du modèle GLM 5.3 contenaient des données provenant de requêtes récentes d’autres clients. Toutes concernaient des invites dépassant 681 280 jetons. Ce seuil de 681 280 jetons constitue le point commun des 155 réponses exposées.
Cloudflare explique cette fuite par une incompatibilité de configuration et un défaut du moteur d’inférence SGLang. Le cache KV du modèle était plus petit que la fenêtre de contexte annoncée. Le défaut permettait à des requêtes trop longues de lire des données conservées par des sessions précédentes. Le chercheur Gadi Evron, de Knostic, a signalé le problème via HackerOne. Cloudflare affirme n’avoir trouvé aucune preuve d’exploitation délibérée. L’entreprise recommande aux opérateurs de SGLang d’installer la version 0.5.22 ou une version ultérieure. En parallèle, Cequence a observé un acteur utilisant environ 32 identités de robots d’IA pour rechercher des fichiers contenant des secrets. La version 0.5.22 est donc le correctif minimal recommandé aux opérateurs concernés.
Les attaques se diversifient selon plusieurs incidents recensés par SecurityWeek. Le robot étudié par Cequence a utilisé plus de 300 adresses IP en une journée. Il a atteint, un jour d’octobre, 48 % des organisations protégées par Cequence ayant observé du trafic de robots d’IA. Ses cibles incluaient des fichiers .env, des identifiants infonuagiques et des clés SSH privées. Sophos attribue aussi au groupe Gold Ogre un usage intensif d’agents orchestrés par Cursor pour la découverte réseau, les attaques de comptes et les déplacements latéraux. Cisco Talos a décrit NIK C2, un outil de commande et contrôle intégré à l’IA, capable de voler des identifiants et de déployer un rançongiciel bloquant les écrans. Le chiffre de 48 % montre que le phénomène ne se limite pas à quelques organisations isolées.
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