L’IA va remplacer qui ? La question revient après le dernier rapport sur l’emploi américain : seulement 29 000 créations de postes en septembre (environ 90 000 attendues), et un chômage qui passe de 4,1 % à 4,2 %. Deux thèses s’affrontent :
1/ Les séniors d’abord : un junior ne coûte pas cher (RIP les stagiaires), un senior si. Remplacer un expert hors de prix par une machine fait exploser la rentabilité en théorie. Ce seraient donc eux, les premiers ciblés. 2/ Les juniors d’abord : ils maîtrisent l’IA mais n’ont pas encore la connaissance du métier. Les entreprises auront moins besoin d’en recruter, alors que les séniors sont déjà en place.
Les chiffres donnent les juniors perdants :Stanford/ADP : chez les 22-25 ans, l’emploi dans les métiers les plus exposés à l’IA recule d’environ 3,8 % par an, contre environ +2 % dans les métiers les moins exposés. Harvard : dans les entreprises qui ont adopté l’IA générative, l’emploi junior a reculé de 7,7 % en six trimestres par rapport aux autres, alors que l’emploi sénior a continué de croître.
Mettons un peu de nuance : un licenciement ou un gel des recrutements est souvent un mauvais signal pour les investisseurs. Alors, pour le masquer, beaucoup désignent l’IA comme coupable. C’est gourmand, car cela sous-entend de futurs gains de productivité, ce qui est faux. - Mais reste une question : fera-t-on pousser des séniors sous serre ? Car si l’on remplace totalement les juniors alors que les séniors restent demandés, comment devient-on sénior ?
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