Et si internet avait été français 🇫🇷
Analyse 2 min · 15 septembre 2026

Et si internet avait été français 🇫🇷

Par Arthur Dekeyser

  • À la base internet c’est français : le 29 octobre 1969, Arpanet, le premier grand réseau informatique moderne, relie l’université de Californie à l’Institut de recherche de Stanford. Pourtant, c’est en France que naît l’innovation qui fera d’Arpanet un véritable réseau mondial : le projet Cyclade, mené par l’ingénieur Louis Pouzin dès 1971 dans les Yvelines.
  • L’idée géniale de Pouzin : dans Arpanet, c’est le réseau lui-même qui porte la responsabilité d’acheminer les données, un peu comme des relais de postes qui vérifient et redirigent chaque colis à la main, ce qui coûte cher en ressources. Pouzin inverse le principe avec les “datagrammes” : chaque paquet de données devient autonome, capable de trouver seul son chemin jusqu’à destination, peu importe l’ordre d’arrivée. C’est l’ordinateur de destination qui remet tout dans l’ordre à la fin, beaucoup plus simple et économique à grande échelle.
  • La faute à une mauvaise décision politique : en 1975, la France est un des leaders mondiaux de l’informatique en réseau, avec 25 ordinateurs connectés à Cyclade. Sauf qu’en 1974, Valéry Giscard d’Estaing arrive au pouvoir, ne croit pas à la capacité de la France de rivaliser avec les Américains, et démantèle méthodiquement l’écosystème : il torpille le projet Unidata (le “consortium européen”, sorte d’Airbus de l’informatique), sabre le financement de C2I, puis supprime la délégation à l’informatique, dernier soutien institutionnel de Cyclade. En 1978, le projet est arrêté, remplacé par le Minitel, une philosophie radicalement différente : un réseau centralisé, contrôlé par l’opérateur télécom, pensé purement pour la rentabilité.
  • À quoi aurait ressemblé cet Internet européen ? Dans un scénario où Giscard maintient le cap : Unidata devient le géant européen de l’informatique face à IBM, avec Siemens, Philips et C2I unis. L’architecture Cyclade s’impose comme standard réseau du consortium dès 1978. Le web est inventé sur ce réseau européen plutôt que sur Arpanet.
  • Le Minitel ne disparaît pas : au lieu d’être remplacé, il fusionne avec le nouveau réseau via une machine hybride, le “Minitel C2”. Comme des millions de Français possèdent déjà un terminal, l’adoption est immédiate, la France devient le pays le plus connecté au monde dès les années 90, avec plus de 10 millions d’utilisateurs.
  • Le Web et l’IA aurait été totalement différente : au lieu des hyperscalers qui concentrent aujourd’hui l’essentiel de la puissance de calcul dans leurs data centers, le réseau aurait davantage reposé sur des millions d’ordinateurs et de terminaux capables de partager leurs ressources. Ça aurait pu favoriser une IA beaucoup plus ouverte et décentralisée, avec des communautés open source capables de mutualiser leur puissance de calcul pour entraîner et faire tourner leurs propres modèles ! On aurait eu des projets OpenAI communautaire façon web3. - Si vous voulez plus de détails, je vous invite à regarder la vidéo d’**Alterhisqui m’a servi pour la rédaction. Et sinon,le site du Minitel**est toujours en vie.

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