Thomson Reuters dévoile Thomson, son modèle juridique propriétaire

Thomson Reuters dévoile Thomson, son modèle juridique propriétaire

Par Arthur Dekeyser

En résumé

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Thomson Reuters lance Thomson, son premier modèle de langage propriétaire spécialisé en droit et fiscalité.

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La société a investi 40 millions de dollars sur deux ans, dont 450 000 dollars pour l’entraînement final.

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Thomson équipera d’abord l’analyse tabulaire de CoCounsel Legal avant une extension prévue à d’autres produits.

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Le signal : Thomson Reuters a investi 40 millions de dollars en deux ans pour développer Thomson, dont l’entraînement final a coûté 450 000 dollars.

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Thomson Reuters lance Thomson, son premier grand modèle de langage propriétaire, le 4 septembre 2026. La société le présente comme un modèle spécialisé pour le droit et la fiscalité. Thomson a été développé à partir d’un modèle à code ouvert, puis entraîné avec les contenus propriétaires de Westlaw, Practical Law, Checkpoint et Reuters. Thomson Reuters affirme avoir investi environ 40 millions de dollars sur deux ans, en incluant les talents et le calcul. L’entraînement final de la version lancée aujourd’hui a coûté 450 000 dollars. Joel Hron, directeur technique de Thomson Reuters, décrit cette approche comme une voie plus efficace que la course aux modèles généralistes. Lire l’annonce détaillée.

Un contenu propriétaire Thomson s’appuie sur plusieurs décennies de contenus, d’expertise éditoriale et d’outils développés par Thomson Reuters. Jonathan Schwarz, responsable de la recherche fondamentale, indique que le modèle a d’abord été aligné sur les valeurs et les comportements de l’entreprise. Il a ensuite été entraîné exclusivement sur les contenus propriétaires de Westlaw, Practical Law, Checkpoint et Reuters. Des centaines d’experts ont défini les capacités attendues, produit plusieurs milliers d’exemples et évalué les réponses lors de comparaisons à l’aveugle. Thomson Reuters précise qu’aucune donnée client n’a servi à cet entraînement. La société a aussi mandaté plusieurs entreprises de sécurité pour valider l’hébergement et les contrôles du modèle.

Une première application Thomson sera déployé dans une prochaine version de CoCounsel Legal, où il alimentera la fonction d’analyse tabulaire. Cette fonction cible l’examen de documents structurés et volumineux. Thomson deviendra le modèle par défaut pour cette tâche, tandis que les administrateurs pourront sélectionner un autre modèle depuis les paramètres d’administration de CoCounsel Legal. CoCounsel restera toutefois multimodèle. Thomson Reuters prévoit d’utiliser chaque modèle selon l’avantage observé pour une tâche donnée. Joel Hron estime que Thomson représentera progressivement une part croissante des jetons et du travail traité par CoCounsel. La société prévoit aussi d’étendre ses modèles Thomson à son portefeuille de produits juridiques et fiscaux.

Des tests spécialisés Thomson Reuters a comparé Thomson à GPT 5.4 et Claude Sonnet 5 dans son évaluation interne Deep Research. Ce test repose sur des questions juridiques rédigées par ses experts, avec des critères définissant une bonne réponse. Les modèles ont été évalués sur l’exhaustivité et la factualité des citations. Chaque modèle a été testé avec un accès limité au contenu web, puis avec un accès aux contenus Thomson Reuters. Thomson a obtenu un résultat comparable aux autres modèles lors du test web, sans être le premier. Avec les contenus Thomson Reuters, il a dépassé les deux autres modèles. La société annonce un rapport technique détaillé cette semaine.

Thomson Reuters prépare les accès externes

Une ouverture encadrée Thomson Reuters rend une petite version de Thomson disponible sur Hugging Face, sous licence académique non commerciale. La société souhaite ainsi permettre à des chercheurs d’évaluer, de critiquer ou de valider le modèle. Des universitaires en droit et en IA ont également commencé à tester Thomson directement. Jonathan H. Choi, professeur à la Washington University School of Law, a comparé Thomson à ChatGPT et Claude sur des questions de fiscalité des entreprises. Les trois modèles ont répondu correctement. Il a néanmoins préféré les réponses de Thomson, notamment pour leurs liens vers des traités juridiques. Thomson Reuters prépare aussi un portail développeur avec clés API, paramètres configurables et documentation d’exemple.

Une extension progressive Thomson 1.0 constitue la première version d’une famille de modèles portant le nom Thomson. L’entreprise a remplacé son modèle de départ près de six fois au cours du projet, à mesure que de meilleurs modèles à code ouvert apparaissaient. Thomson Reuters indique que moins de 10 % de ses contenus ont servi à l’entraînement jusqu’à présent. La société prévoit des discussions avec de grands cabinets d’avocats et des entreprises intéressées par un accès direct ou un réglage avec leurs propres données. Elle précise également que CoCounsel restera multimodèle. Thomson Reuters vise une spécialisation juridique forte plutôt qu’une égalité avec les modèles généralistes sur toutes les dimensions. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur les usages de l’IA par les avocats et juristes.

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