Par Arthur Dekeyser
En résumé
Thomson Reuters a lancé Thomson 1.0, son propre modèle de langage juridique.
Le modèle a coûté 40 millions de dollars et utilise moins de 10 % des données juridiques de l’entreprise.
Thomson 1.0 sera d’abord déployé dans Tabular Analysis, au sein de CoCounsel Legal.
Le signal : Thomson Reuters a développé Thomson 1.0 pour 40 millions de dollars, avec moins de 10 % de ses données juridiques.
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Thomson Reuters a lancé Thomson 1.0 le 26 août 2026, son propre modèle de langage entraîné sur ses données juridiques. L’entreprise indique que son développement a coûté 40 millions de dollars. Le modèle utilise moins de 10 % des données juridiques de Thomson Reuters. Sa première intégration intervient dans Tabular Analysis, une fonctionnalité de CoCounsel Legal. Thomson Reuters prévoit ensuite de rendre Thomson disponible dans Tabular Analysis pour les cabinets d’avocats et les directions juridiques. L’entreprise annonce également une extension des modèles Thomson à ses activités juridiques et fiscales. D’autres options d’IA souveraine doivent suivre.
Une équipe acquise a contribué au développement de Thomson 1.0. Thomson Reuters a travaillé avec l’équipe de Safe Sign, une entreprise d’IA basée à Cambridge que le groupe a acquise. Selon Joel Hron, directeur de la technologie de Thomson Reuters, cette approche privilégie une base solide et une spécialisation approfondie. Il affirme que Thomson peut fournir une intelligence efficace, adaptée au travail professionnel et contrôlée par l’entreprise. Steve Hasker, directeur général de Thomson Reuters, relie cette capacité aux décennies de contenu propriétaire et d’expertise éditoriale du groupe. Ses évaluations initiales placent Thomson au niveau des modèles de pointe récents sur plusieurs tâches.
Les premiers résultats montrent une amélioration de Thomson 1.0 par rapport à son modèle de base dans le suivi des instructions. Thomson Reuters décrit cette capacité comme l’exécution précise d’instructions professionnelles complexes et composées de plusieurs étapes. Le modèle progresse davantage dans la navigation de contenus denses et spécialisés. Cette aptitude concerne le raisonnement nuancé requis par les tâches professionnelles les plus difficiles. Thomson peut aussi être entraîné avec des outils propriétaires comme Westlaw et Practical Law. Thomson Reuters estime que l’entraînement propriétaire et l’expertise de spécialistes produisent des gains que l’accès au contenu seul ne permet pas d’obtenir.
La souveraineté compte pour Thomson Reuters, qui met en avant les questions liées à l’entraînement, aux comportements, aux biais, au lieu d’exécution et à la protection des informations. L’entreprise présente Thomson 1.0 comme une manière de répondre directement à ces sujets, plutôt que de les laisser entièrement à des tiers. Joel Hron soutient que cette approche peut modifier l’économie de l’IA professionnelle. Thomson Reuters associe cette stratégie à des modèles souverains supplémentaires annoncés pour son portefeuille juridique et fiscal. L’entreprise prévoit également de travailler avec des cabinets d’avocats autour d’une approche fondée sur des poids ouverts, selon l’analyse publiée par Artificial Lawyer.
Le premier usage de Thomson 1.0 concerne Tabular Analysis dans CoCounsel Legal. Cette fonctionnalité doit accueillir Thomson dans une prochaine version destinée aux cabinets d’avocats et aux directions juridiques. Thomson Reuters annonce aussi une extension progressive des modèles à d’autres produits juridiques et fiscaux. L’entreprise n’indique pas de calendrier détaillé pour ces extensions. Son annonce intervient après le développement mené avec Safe Sign et une dépense annoncée de 40 millions de dollars. Elle fournit donc un premier cas d’utilisation opérationnel dans le portefeuille de Thomson Reuters, centré sur l’analyse de contenus juridiques structurés et spécialisés. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur les usages de l’IA par les avocats et juristes.
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