En résumé
Sally Scales accuse l’IA de fragiliser l’authenticité de l’art des Premières Nations.
Des œuvres autochtones ont été modifiées, anonymisées puis commercialisées sans attribution.
Kathy Bowrey propose de renforcer le contrôle des artistes sur les données utilisées par l’IA.
Le signal : Sally Scales affirme que l’IA retire aux artistes des Premières Nations leur agence, leur lignée familiale et leur expérience vécue.
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Sally Scales alerte sur l’usage de l’intelligence artificielle dans l’art des Premières Nations. L’artiste pitjantjatjara préside le groupe consultatif sur les Premières Nations de la National Gallery of Australia. Elle affirme que l’IA transforme cet art en « Temu slop », une production qu’elle juge dépourvue de lien culturel. Scales estime que cette technologie fragilise l’agence des artistes et l’authenticité de leurs œuvres. Elle parle d’un « vol » des connaissances culturelles. Ses déclarations ont été rapportées le 2 novembre 2026 par The Guardian.
Le lien culturel disparaît lorsque des systèmes génératifs produisent des images sans participation d’une communauté des Premières Nations. Scales explique que la lignée familiale de l’artiste n’existe pas dans ces productions. Elle souligne aussi l’absence d’expérience vécue et de connexion avec le sujet représenté. Selon elle, une image qui reprend certains codes visuels ne peut pas être assimilée à une œuvre issue d’une histoire, d’un territoire et de relations communautaires précises.
Les œuvres sont modifiées puis commercialisées, selon la National Association for the Visual Arts, appelée NAVA. L’organisation affirme que l’IA a retiré des noms d’artistes et altéré des travaux. Elle qualifie cette pratique de préjudice culturel et économique. Dans une contribution à l’enquête parlementaire australienne sur l’IA, NAVA cite les travaux de l’avocate wuthathi et meriam, Terri Janke. Celle-ci a documenté le moissonnage d’art autochtone sur des sites de centres d’art. Elle a également alerté sur la reproduction de connaissances culturelles sans considération pour leur exactitude ni leur usage approprié.
Les produits circulent largement sur des plateformes comme Temu, Shein et Amazon. Des recherches y ont relevé de nombreuses œuvres décrites comme des peintures aborigènes, ainsi que des dessous de verre et des porte-canettes portant des motifs de style aborigène. La plupart de ces articles n’attribuent leur création à aucun artiste. Sally Scales doute ainsi que certaines images aient été examinées par une communauté ou une personne des Premières Nations avant leur mise en vente.
Les droits restent contestés malgré les engagements publics du gouvernement australien. Anthony Albanese a promis de protéger les créateurs australiens contre le vol de droits d’auteur. La procureure générale Michelle Rowland a déclaré qu’aucun projet ne visait à réduire ces protections. L’experte en propriété intellectuelle Kathy Bowrey indique toutefois qu’un créateur sur cinq rencontre déjà des problèmes d’atteinte au droit d’auteur, avant même l’IA. Des œuvres de Kylie Minogue et Nick Cave ont aussi servi à entraîner des systèmes d’IA sans compensation.
Le cadre proposé renforce le contrôle des créateurs sur l’utilisation de leurs œuvres. Kathy Bowrey et Oliver Bown, spécialiste des technologies créatives, proposent un dispositif appelé « copyright plus ». Leur projet obligerait les entreprises d’IA à révéler leurs sources de données. Il donnerait aussi aux artistes le droit de refuser le moissonnage ou l’imitation de leurs œuvres.
La rémunération compléterait ce droit de retrait. Les deux chercheurs proposent une contribution financière des entreprises d’IA. Cette contribution alimenterait un mécanisme de rémunération des professionnels de la création et un fonds culturel. Leur projet inclut enfin des demandes de retrait pour les contenus falsifiés. Le gouvernement consulte encore les créateurs, les médias et les entreprises d’IA sur ces options. Pour les artistes des Premières Nations, ces mesures pourraient également mieux prendre en compte la propriété collective et le respect des connaissances culturelles.
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