Par Arthur Dekeyser
En résumé
La juge Rita Lin a jugé illégale la désignation d’Anthropic par le gouvernement américain.
Anthropic refusait l’usage de Claude pour des armes létales autonomes et la surveillance intérieure.
Le gouvernement américain peut encore faire appel de cette décision judiciaire.
Le signal : La juge Rita Lin a annulé la désignation d’Anthropic comme risque pour la chaîne d’approvisionnement militaire américaine.
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Décision judiciaire américaine Une juge américaine a conclu jeudi que l’administration Trump avait enfreint la loi en désignant Anthropic comme un risque pour la chaîne d’approvisionnement. Rita Lin a estimé que le gouvernement avait ciblé illégalement l’entreprise après son refus de répondre à certaines demandes du département de la Défense. Sa décision de 59 pages interdit aux agences fédérales visées d’appliquer l’ordre de Donald Trump, qui suspendait l’utilisation des outils d’Anthropic. Elle annule aussi la désignation prononcée par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth. Le statut aurait empêché les agences gouvernementales de travailler avec Anthropic.
Le désaccord portait sur Claude Le conflit a commencé après le refus d’Anthropic d’autoriser l’usage de Claude pour des armes létales entièrement autonomes ou la surveillance intérieure de masse. L’entreprise affirme que ses modèles ne sont pas assez fiables pour les armes autonomes. Elle considère aussi la surveillance intérieure comme une atteinte aux droits. Le Pentagone estime toutefois que les sociétés privées ne devraient pas pouvoir limiter l’action militaire. Pete Hegseth avait accusé Anthropic d’« arrogance et trahison ». En mars, Rita Lin avait suspendu temporairement les mesures gouvernementales, jugeant qu’elles semblaient viser à « paralyser Anthropic ».
Des droits constitutionnels invoqués Dans sa plainte déposée le 9 mars, Anthropic a soutenu que le gouvernement avait violé sa liberté d’expression protégée par le premier amendement. L’entreprise l’accusait de représailles liées à ses positions sur la sécurité de l’IA. Elle affirmait également ne pas avoir pu contester sa désignation, ce qui aurait violé les garanties de procédure du cinquième amendement. Rita Lin a écrit que la sécurité nationale ne constituait pas un moyen illimité de punir des critiques gouvernementales. Elle a ajouté que le département de la Guerre pouvait choisir son fournisseur d’IA, mais que les mesures imposées restaient illégales et infondées.
Un risque financier annoncé Anthropic avait averti que cette désignation pouvait lui coûter plusieurs milliards de dollars en activité perdue et en atteinte à sa réputation. Le statut de risque pour la chaîne d’approvisionnement est habituellement appliqué à des entreprises étrangères. Il a été utilisé ici pour la première fois publiquement contre une société américaine. Anthropic prépare aussi une introduction en Bourse plus tard cette année. Selon les informations rapportées, cette opération pourrait valoriser l’entreprise à 2 000 milliards de dollars et lever 100 milliards de dollars. Ces montants dépasseraient le record établi par SpaceX en juin, selon les prévisions rapportées.
Une seconde procédure continue Le jugement rend permanente la suspension temporaire décidée en mars, mais le gouvernement peut encore faire appel. Anthropic reste aussi confrontée à une seconde procédure à Washington. Cette affaire attend une décision d’un panel composé de trois juges. Deux membres de ce panel ont été nommés par Donald Trump et ont exprimé leur scepticisme envers les arguments d’Anthropic. La décision de Rita Lin ne clôt donc pas l’ensemble des contentieux liés à la désignation. La décision rapportée par The Guardian marque néanmoins une victoire judiciaire immédiate pour l’entreprise.
Les investisseurs surveillent la suite La procédure américaine intervient alors qu’Anthropic prépare une possible introduction en Bourse. Le New York Times rapporte une levée potentielle de 100 milliards de dollars, tandis que Bloomberg Law décrit le scepticisme d’une cour d’appel envers la capacité d’Anthropic à bloquer la désignation. La décision actuelle protège l’entreprise contre les mesures visées par le jugement. Elle ne supprime pas le risque d’un appel ni celui d’une décision distincte à Washington. Le calendrier de la future introduction en Bourse reste donc lié à ces procédures judiciaires.
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