Par Arthur Dekeyser
En résumé
Trente eurodéputés demandent un plan européen contre les risques de Mythos.
La Commission consulte des lignes directrices sur la transparence des systèmes d’IA.
Des experts jugent l’AI Act insuffisant pour encadrer les agents autonomes.
Le signal : Anthropic affirme que Mythos dépasse les humains pour détecter et exploiter des failles de sécurité.
Vous appréciez ce genre d'analyse ?
Chaque mardi et vendredi, l'essentiel en business & IA décryptées en 5 minutes. Gratuit, sans engagement.
+11 000 fondateurs abonnés
Anthropic face à Mythos Anthropic est sous pression après avoir annoncé que son modèle Mythos dépassait les humains pour trouver et exploiter des vulnérabilités de sécurité. Trente eurodéputés issus de six groupes politiques ont écrit à Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne, selon POLITICO. Ils jugent les règles européennes de cybersécurité mal équipées face à cette génération d’outils de piratage. Les parlementaires demandent une révision des règles sur la divulgation et la correction des failles. Ils réclament aussi un plan européen de réduction des risques. Leur démarche suit l’annonce d’Anthropic publiée le mois dernier. La commission du marché intérieur du Parlement avait invité l’entreprise à une audition publique, sans obtenir sa participation à court terme.
La Commission prépare ses pouvoirs La Commission européenne indique avoir tenu de nombreuses réunions techniques avec Anthropic depuis août 2025. Thomas Regnier, son porte-parole, précise que plusieurs échanges concernaient spécifiquement Mythos. Il ajoute que l’AI Office pourra obtenir un accès au modèle si nécessaire, lorsque ses pouvoirs d’exécution commenceront en août 2026. Les eurodéputés demandent également à l’agence européenne ENISA d’accéder à Mythos et à d’autres modèles. Leur objectif est d’examiner les risques associés à ces capacités. La lettre vise notamment la protection des opérateurs de secteurs critiques, présentés comme des « joyaux de la couronne ». Cette séquence place l’accès institutionnel au modèle au centre du débat européen.
L’accès ne suffit pas Risto Uuk estime que le débat européen privilégie trop la question de l’accès à Mythos. Dans son analyse publiée sur LinkedIn, il place plutôt l’accent sur la capacité d’Anthropic à réduire les risques systémiques du modèle. Il interroge aussi l’absence de contrôle indépendant et contraignant avant le déploiement de telles capacités. Selon lui, l’article 55 de l’AI Act fournit déjà une base pour exiger un niveau de sécurité suffisant. Il relie cette exigence au code de bonnes pratiques pour les modèles d’IA à usage général. Son analyse propose de rendre obligatoires la notification et les échanges préalables avec les autorités pour les modèles présentant des risques systémiques.
Un calendrier réglementaire précis Les obligations liées aux risques systémiques des modèles d’IA à usage général deviendront exécutoires le 2 août 2026, selon l’analyse de Risto Uuk. Il recommande de renforcer les capacités techniques de l’AI Office et de financer des évaluateurs indépendants. Il estime aussi que l’accès au marché devrait pouvoir être refusé si un fournisseur ne démontre pas que ses mesures de réduction des risques sont suffisantes et vérifiables avant le déploiement. En parallèle, l’accord politique sur le Digital Omnibus prévoit l’application des règles concernant les systèmes d’IA à haut risque le 2 décembre 2027. Les systèmes intégrés à des produits comme les ascenseurs ou les jouets suivront le 2 août 2028, après adoption formelle par le Parlement et le Conseil.
La transparence entre en consultation La Commission a publié un projet de lignes directrices sur les obligations de transparence de l’AI Act et invite les parties prenantes à répondre avant le 3 juin 2026. À partir du 2 août 2026, les personnes dans l’Union européenne devront être informées lorsqu’elles interagissent avec un système d’IA. Les fournisseurs devront aussi ajouter des marques lisibles par machine pour détecter certains contenus générés ou manipulés. Les déployeurs devront signaler les hypertrucages, les publications générées par IA sur des sujets d’intérêt public, ainsi que les systèmes de reconnaissance des émotions ou de catégorisation biométrique. Un code volontaire, rédigé par des experts indépendants, est attendu en juin 2026. La Commission présente ces lignes directrices comme un outil de clarification pour les fournisseurs et les déployeurs. Voir les lignes directrices en consultation.
Les agents posent d’autres problèmes Kathrin Gardhouse et Amin Oueslati, du Future Society, soutiennent dans Tech Policy Press que l’AI Act n’est pas prêt pour les agents. Ces systèmes poursuivent de manière autonome des objectifs complexes avec une supervision humaine limitée. Les auteurs citent l’incident de l’agent de programmation Kiro d’Amazon, qui aurait supprimé un environnement de production en décembre 2025. L’incident a déclenché une interruption régionale d’AWS de 13 heures. Selon leur analyse, la loi couvre les agents en principe, mais présente des lacunes concernant la performance, les abus, la vie privée, l’équité et la supervision. Ils demandent des normes harmonisées adaptées aux capacités agentiques avant l’entrée en vigueur des obligations applicables aux systèmes à haut risque.
Gardez un coup d'avance en IA et tech.
Chaque mardi et vendredi, l'essentiel en business & IA décryptées en 5 minutes. Zéro spam.
+11 000 fondateurs abonnés