Par Arthur Dekeyser
En résumé
Trente eurodéputés alertent la Commission sur les risques de Mythos.
L’accord européen reporte les obligations pour les systèmes d’IA à haut risque au 2 décembre 2027.
La Commission consulte les acteurs sur les obligations de transparence applicables dès le 2 août 2026.
Le signal : Trente eurodéputés demandent à la Commission un plan européen face aux risques de piratage attribués à Mythos.
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Pression politique croissante. Trente eurodéputés issus de six groupes politiques ont écrit à Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission, au sujet des outils de piratage associés à Mythos. Selon leur lettre obtenue par POLITICO, les règles européennes de cybersécurité seraient mal adaptées à cette nouvelle génération d’IA. Les parlementaires demandent une réforme de la divulgation et de la correction des failles. Ils proposent aussi un plan européen d’atténuation. Leur démarche suit l’annonce d’Anthropic selon laquelle son modèle a dépassé les humains dans la recherche et l’exploitation de vulnérabilités. Lire la couverture de POLITICO.
Un accord européen se précise. La Commission européenne a salué l’accord politique conclu entre le Parlement et le Conseil sur le Digital Omnibus consacré à l’IA. Les règles applicables aux systèmes à haut risque s’appliqueraient le 2 décembre 2027. Les systèmes intégrés à des produits, comme les ascenseurs ou les jouets, seraient concernés le 2 août 2028. L’accord interdit aussi les systèmes générant du contenu sexuellement explicite non consensuel ou du matériel pédocriminel. Il étend certains privilèges des petites et moyennes entreprises aux petites entreprises de taille intermédiaire. Le Parlement et le Conseil doivent encore adopter formellement le texte.
Des obligations arrivent en août. La Commission a publié un projet de lignes directrices sur la transparence et ouvert une consultation aux parties prenantes. À partir du 2 août 2026, les personnes dans l’Union européenne devront être informées lorsqu’elles interagiront avec un système d’IA. Des marquages lisibles par machine devront aussi permettre de détecter certains contenus générés ou manipulés. Les déployeurs devront signaler les hypertrucages, les publications générées par IA sur des sujets d’intérêt public, ainsi que certains systèmes biométriques. Les contributions sont attendues avant le 3 juin 2026. Un code volontaire est annoncé pour juin 2026. Consulter le projet de la Commission.
Mythos concentre le débat. Le comité du marché intérieur du Parlement a invité Anthropic à une audition publique. L’entreprise a indiqué ne pas pouvoir accepter cette invitation à court terme. Thomas Regnier, porte-parole de la Commission, a déclaré que des réunions techniques avec Anthropic se tenaient depuis août 2025. Il a précisé que plusieurs échanges portaient spécifiquement sur Mythos. Selon lui, les pouvoirs d’exécution de l’AI Office commenceront en août 2026. La Commission pourra alors obtenir, si nécessaire, un accès au modèle. Dans une analyse publiée sur LinkedIn, Risto Uuk estime toutefois que l’accès ne constitue pas automatiquement une garantie de sécurité. Lire son analyse.
Les risques restent discutés. Risto Uuk soutient que l’article 55 du règlement européen fournit une base pour encadrer les risques systémiques des modèles généralistes. Il préconise une notification et un échange préalables pour ces modèles. Il appelle également à renforcer les capacités techniques de l’AI Office et des évaluateurs indépendants. Son analyse recommande de pouvoir refuser l’accès au marché si les mesures d’atténuation ne sont pas démontrées comme suffisantes et vérifiables avant le déploiement. Ces propositions relèvent de son analyse, et non d’une décision annoncée par la Commission. Les obligations relatives aux risques systémiques doivent devenir exécutoires le 2 août 2026.
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