En résumé
OpenAI et Microsoft affrontent le New York Times sur l’usage de contenus protégés.
Microsoft a observé une baisse de 83 à 93 % des clics avec Copilot.
Les documents pourraient renforcer la négociation de licences payantes pour les éditeurs.
Le signal : Microsoft a mesuré une baisse de 83 à 93 % des clics vers les sites du New York Times et du Daily News avec Copilot.
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Documents dévoilés jeudi opposent OpenAI et Microsoft au New York Times sur l’usage de contenus journalistiques pour entraîner et alimenter leurs produits d’IA. Les pièces internes ont été rendues publiques dans le cadre du procès engagé par le quotidien. Elles montrent des dirigeants décrivant les produits comme largement substitutifs aux sites des éditeurs. Nick Turley, responsable de ChatGPT, a évoqué une menace existentielle pour les publications. Greg Brockman, cofondateur d’OpenAI, a décrit les modèles comme particulièrement performants pour prédire le texte des articles et accomplir des tâches liées à l’actualité. Les documents portent ainsi sur la défense fondée sur l’usage loyal et sur les conditions d’accès aux contenus.
Des clics fortement réduits ont été mesurés par Microsoft lors d’une comparaison entre Bing Search et Copilot. Les taux de clics vers les domaines du New York Times et du Daily News ont baissé de 83 à 93 % avec le chatbot. Satya Nadella, directeur général de Microsoft, a déclaré que les conversations avec les chatbots pouvaient remplacer l’accès direct aux informations sur le site d’origine. Cette déclaration nourrit l’argument du New York Times selon lequel les produits fournissent l’information sans nécessiter de visite sur la page de l’éditeur. Elle relie donc l’usage des articles à la question de l’impact commercial sur leur marché.
Une défense fragilisée se dessine autour du quatrième facteur de l’usage loyal, consacré à l’effet sur le marché de l’œuvre. David Buttle, fondateur de Spur, affirme qu’un marché de licences existe déjà pour ces contenus et ces usages. Il cite des accords conclus par OpenAI, Microsoft, Amazon, Google, Meta, Perplexity et Mistral. Selon lui, les propres transactions des défendeurs établissent un prix de marché pour les articles. Danielle Coffey, directrice générale de News/Media Alliance, estime que la déclaration de Satya Nadella renforce la position du quotidien. Alan Chapell juge que l’aveu apparent de substitution sera difficile à retirer.
Le contournement des paywalls ajoute un volet juridique distinct au débat. Les éléments évoqués décrivent des accès à des contenus protégés par des barrières de paiement et des violations de conditions d’utilisation. Alan Chapell estime que ces pratiques déplacent l’affaire vers une catégorie de contenus clairement volés. Il considère aussi qu’un contournement délibéré pourrait exposer OpenAI au Digital Millennium Copyright Act, loi fédérale américaine adoptée en 1998. Des juristes restent toutefois prudents sur la portée globale des documents. Une partie des pièces demeure scellée, tandis que des décisions récentes dans les affaires Anthropic et Meta montrent que des tribunaux peuvent encore considérer l’entraînement comme transformateur.
Une pression accrue sur les accords pourrait suivre une victoire du New York Times, notamment sur le contournement des paywalls et la substitution. Des éditeurs pourraient alors engager d’autres actions contre des entreprises d’IA. News/Media Alliance estime aussi que les publications pourraient négocier collectivement des licences si les tribunaux imposent une rémunération des contenus. David Buttle décrit les affaires New York Times contre OpenAI et Microsoft, ainsi que Reddit contre Perplexity, comme des tests pour l’existence d’un véritable marché de licences. Le modèle envisagé par certains acteurs serait structuré, payé et potentiellement indexé sur l’usage des contenus journalistiques.
La procédure se poursuit avec des demandes de jugement sommaire déposées par les deux camps devant le juge Sidney Stein. OpenAI, Microsoft et le New York Times contestent également la publication de nouvelles pièces issues de l’instruction. Le juge devra décider quels documents pourront être rendus publics. Cette étape pourrait prendre plusieurs mois. D’autres documents sont toutefois susceptibles d’être dévoilés, selon Danielle Coffey. Les éléments déjà publiés donnent aux éditeurs des arguments sur la substitution, l’impact commercial et les accès aux paywalls. L’issue du procès pourrait donc influencer les négociations entre développeurs d’IA et publications, sans encore fixer leur résultat.
Lire l’analyse complète de Digiday, ainsi que les documents judiciaires rendus publics et le document cité du New York Times.
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