Par Arthur Dekeyser
En résumé
Le Royaume-Uni et l’Ukraine partageront des données militaires pour entraîner des modèles d’IA.
Un projet pilote identifiera les mouvements autour d’un site de défense britannique.
Sintela, Mind Foundry et Skyral participeront aux premiers projets approuvés.
Le signal : Londres testera des capteurs dans des câbles à fibre optique sur un site de défense britannique.
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Londres et Kyiv vont utiliser des données du champ de bataille ukrainien pour entraîner des modèles d’intelligence artificielle. L’accord vise la protection de sites de défense britanniques, de chemins de fer et d’infrastructures énergétiques. Le projet pilote sera mené sur un site de défense au Royaume-Uni. Des capteurs optimisés par IA, intégrés dans des câbles à fibre optique enterrés, devront distinguer plusieurs types de mouvements. Le dispositif cherchera notamment à identifier des manifestants ou une attaque menée par un État hostile. Le Guardian rapporte que Londres et Kyiv ont conclu cet accord pour développer ces systèmes de sécurité.
Quatre années de données seront accessibles aux entreprises privées après validation du ministère britannique de la Défense. Le laboratoire ukrainien Avengers possède des jeux de données opérationnels issus de drones, de missions de frappe et de profils de vol. Ils pourraient aussi inclure des tentatives russes de sabotage contre des infrastructures ukrainiennes. Cette base couvre quatre ans d’opérations militaires. Jusqu’ici, les modèles conçus hors d’Ukraine reposaient surtout sur des données publiques. Le gouvernement britannique estime que cette profondeur opérationnelle peut soutenir de nouveaux systèmes. Le partage sera réalisé sur une plateforme sécurisée. Des associations de défense de la vie privée pourraient toutefois contester cet accès aux données.
Sintela, Mind Foundry et Skyral ont déjà obtenu l’approbation de projets pilotes britanniques. Sintela, basée à Bristol, se spécialise dans les capteurs à fibre optique. L’entreprise a récemment signé un contrat de 35 millions de dollars, soit 26 millions de livres, avec l’administration Trump. Ce contrat porte sur la surveillance de la frontière américaine avec le Mexique. Les câbles enterrés doivent reconnaître les mouvements particuliers de personnes ou de véhicules autour de sites sensibles. Le gouvernement britannique évoque une extension possible vers les aéroports, les prisons, les chemins de fer et les infrastructures énergétiques. Le projet reste toutefois limité, car son fonctionnement doit encore être démontré.
Les menaces ciblées incluent les actions de protestation et les attaques d’États étrangers. Le gouvernement britannique cite l’intrusion de Palestine Action à la base de la Royal Air Force de Brize Norton, en juin dernier. Des militants avaient utilisé des scooters avant de dégrader à la peinture deux avions militaires. Ils avaient ensuite quitté le site sans être interpellés. Palestine Action avait déclaré viser des avions RAF Voyager utilisés pour le transport et le ravitaillement. Le premier ministre Andy Burnham affirme que l’expertise britannique et les données ukrainiennes pourraient accélérer le développement de capacités nationales. Le ministre de la Défense Wes Streeting cite aussi les drones, la robotique et les armes automatisées.
Steven Murdoch, professeur d’informatique à University College London, juge incertain l’apport des données ukrainiennes aux capteurs. Selon lui, les technologies de détection par fibre optique existent depuis plusieurs décennies. Il estime néanmoins qu’un scénario plausible permettrait d’identifier des phénomènes absents des jeux de données publics. Murdoch considère que les données ukrainiennes pourraient surtout documenter des menaces nouvelles pour l’Europe occidentale. Il cite notamment les drones. Le gouvernement britannique espère que les modèles pourront signaler rapidement une menace ou une tension visant une voie ferrée, le réseau électrique ou une base militaire. Aucune efficacité opérationnelle n’est encore établie par le projet pilote.
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