Par Arthur Dekeyser
En résumé
LivingPackets évalue les coûts indirects des pertes de marchandises à quatre à sept fois leur valeur directe.
TAPA EMEA a recensé plus d’un milliard d’euros de préjudices en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.
SFR a supprimé ses réclamations pour casse et disparition sur les flux équipés de 1 300 boîtes.
Le signal : LivingPackets estime que chaque euro perdu peut générer jusqu’à sept euros de dépenses connexes.
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LivingPackets chiffre le coût réel des pertes dans les livraisons à forte valeur ajoutée. Son rapport « The Hidden Cost of High-Value Delivery » s’appuie sur des travaux du Logistics Bureau. Chaque euro de perte directe engendre entre quatre et sept euros de dépenses connexes. Ces montants couvrent notamment les remplacements, la gestion administrative et l’insatisfaction client. Pour 10 000 marchandises valorisées 5 000 euros chacune, un taux d’incident de 0,1 % produit dix sinistres. Les biens perdus représentent alors 50 000 euros. Les frais indirects peuvent atteindre 350 000 euros supplémentaires. Lire l’article consacré à l’étude.
Les pertes européennes dépassent un milliard d’euros sur une période de 18 mois. TAPA EMEA a recensé ces préjudices en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, avant le 30 juin 2026. L’organisation a enregistré 58 661 déclarations. Seules 7,8 % d’entre elles indiquaient précisément la valeur des biens dérobés. En France, Trans.info et TAPA EMEA ont comptabilisé 4 708 incidents durant 2024 et 2025. Ces événements représentaient 261,5 millions d’euros de pertes documentées. La valeur figurait toutefois dans seulement 8 % des dossiers. Ces chiffres documentent une sous-évaluation importante des pertes liées au vol de fret.
Les contrôles classiques valident surtout le passage d’un colis à une étape donnée. Ils ne renseignent pas nécessairement l’état réel du contenu. Ils ne détectent pas non plus d’éventuelles ouvertures frauduleuses. McKinsey qualifie ces échanges d’informations entre prestataires de « transferts aveugles ». Le cabinet estime qu’ils représentent 13 % à 19 % des coûts logistiques globaux. Aux États-Unis, cette fourchette atteint 95 milliards de dollars par an. LivingPackets propose donc des emballages réutilisables capables d’enregistrer les événements subis pendant le trajet. THE BOX et THE BOX Pro intègrent des capteurs intelligents et des systèmes d’authentification.
Alexander Cotte défend un registre de preuves partagé entre marques, transporteurs et assureurs. Le fondateur et président exécutif de LivingPackets décrit une logistique longtemps fondée sur des données de suivi et des documents. Selon lui, les incidents étaient ensuite reconstitués avec des estimations. Le dispositif doit permettre au colis d’enregistrer directement ce qui s’est produit pendant l’acheminement. Les emballages deviennent ainsi des témoins actifs du transport. Cette approche vise à fournir les mêmes faits aux différents intervenants. Elle concerne notamment les dommages, les disparitions et les ouvertures non autorisées signalées pendant le parcours.
Les résultats communiqués par LivingPackets citent plusieurs déploiements opérationnels. SFR exploite une flotte de 1 300 boîtes depuis 2024. Sur les flux équipés, l’opérateur a enregistré une suppression totale de ses réclamations pour casse et disparition. Une grande maison de joaillerie est passée de trois ou quatre pertes hebdomadaires à zéro défaut sur ses circuits conventionnels. Cotrolia transporte des pièces automobiles fragiles avec cette technologie. La société a réduit son taux de casse de 30 % à 1 %. Elle affiche également un retour sur investissement de 11 pour 1. Le détail publié par LivingPackets est disponible ici.
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