Jérémy Lamri cible les postes supprimés sans reclassement
Rh #ia-entreprise 3 min · 2 octobre 2026

Jérémy Lamri cible les postes supprimés sans reclassement

Par Arthur Dekeyser

En résumé

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Le FMI estime que 60 % des emplois des économies avancées seront affectés par l’IA.

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Une étude de Stanford mesure un écart d’emploi de 19 % chez les 22-25 ans exposés.

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Jérémy Lamri propose de financer la reconversion avec une contribution liée aux suppressions de postes.

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Le signal : Jérémy Lamri propose une contribution de 25 % sur l’économie réalisée après la suppression automatisée d’un poste.

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Jérémy Lamri propose une contribution française liée aux suppressions de postes provoquées par une transformation technologique. Dans une tribune publiée le 2 octobre 2026, l’entrepreneur et chercheur suggère d’affecter une fraction de l’économie réalisée à un fonds de transition professionnelle. Le mécanisme ne viserait pas l’usage de l’intelligence artificielle en lui-même. Il s’appliquerait lorsque trois conditions seraient réunies : transformation technologique, suppression nette du poste et absence de reclassement. L’auteur présente cette piste alors que le débat approche de 2027. Il oppose deux récits, destruction massive du travail ou création nette d’emplois. Selon lui, ces deux phénomènes peuvent coexister.

Le risque porte sur les trajectoires des personnes dont le métier disparaît. En juin 2026, l’Organisation internationale du travail constatait des gains de productivité liés à l’IA générative, mais des destructions massives encore limitées. Le FMI estime que près de 60 % des emplois des économies avancées seront affectés. Cette affectation peut prendre trois formes : augmentation, transformation ou suppression. Une étude de Stanford publiée en août 2026 s’appuie sur plusieurs millions de fiches de paie américaines. Elle observe que l’emploi des 22-25 ans, dans les professions fortement exposées, se situe 19 % sous la trajectoire de métiers moins exposés. Le phénomène passe principalement par une baisse des recrutements.

Les jeunes subissent déjà un écart

La formation devient un autre point de pression. Le World Economic Forum estime que 59 travailleurs sur 100 auront besoin d’une montée en compétences ou d’une reconversion d’ici 2030. Onze sur 100 risqueraient de ne pas recevoir cette formation. Cela représenterait plus de 120 millions de travailleurs aux perspectives professionnelles fragilisées. En France, l’OCDE mesure 28 % des adultes au niveau 1 ou inférieur en littératie. La même proportion concerne la numératie, tandis que 30 % se situent à ce niveau en résolution adaptative de problèmes. Ces indicateurs décrivent les compétences mobilisées par une transition professionnelle. Ils ne déterminent pas individuellement l’issue d’une carrière.

La piste sud-coréenne fournit un précédent politique encore en discussion. Le 14 août 2026, 21 parlementaires ont déposé une proposition créant une contribution de réponse à la transition IA et un fonds associé. Le texte prévoit une participation des entreprises lorsque l’adoption de l’IA ou de l’automatisation affecte significativement l’emploi. Une contribution supplémentaire interviendrait en cas de réduction des effectifs. Le maintien de l’emploi et les créations de postes pourraient, à l’inverse, ouvrir droit à des exonérations. Le fonds financerait la formation professionnelle, le retour à l’emploi, la protection sociale et les territoires touchés. Le texte se trouve encore au début du processus parlementaire.

Lamri chiffre un mécanisme français

Le scénario français repose sur un exemple chiffré. Un salarié représente 60 000 euros de coût complet annuel. Si son poste est supprimé après automatisation, l’économie atteint 120 000 euros sur deux ans. Une contribution de 25 % représenterait alors 30 000 euros. L’entreprise conserverait 90 000 euros d’économie sur cette période, puis la totalité du gain les années suivantes. Jérémy Lamri propose aussi de déduire chaque euro investi dans la reconversion ou le reclassement. Un investissement de 30 000 euros annulerait donc la contribution théorique. Le Code du travail prévoit déjà l’information et la consultation du CSE sur les nouvelles technologies, les effectifs et la formation.

Le financement viserait un capital de transition attaché à la personne, plutôt qu’une indemnisation supplémentaire. Ce capital pourrait maintenir une partie du revenu, financer une qualification et permettre d’expérimenter un métier. France Compétences indique qu’un Projet de transition professionnelle coûtait en moyenne 30 057 euros en 2024, rémunération comprise. Plus de 16 300 parcours ont été financés cette année-là, avec 947 heures de formation en moyenne. France Compétences constate que la majorité des transitions aboutissent. L’auteur précise que la reconversion ne consisterait pas à former tout le monde à l’IA. Il cite aussi la santé, le soin, l’éducation, l’industrie, l’énergie, la maintenance, la construction et les services de proximité.

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