Par Arthur Dekeyser
En résumé
Brookfield Residential a investi plus de 250 000 heures internes dans sa transformation des données.
Brandon Sharp considère la conviction, la clarté et le capital comme trois engagements indispensables.
L’entreprise utilise désormais ses données fiables pour soutenir des applications d’intelligence artificielle.
Le signal : Brookfield Residential a mobilisé plus de 250 000 heures internes et sept systèmes majeurs pour fiabiliser ses données.
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Brookfield Residential a placé la gouvernance des données avant le déploiement de l’intelligence artificielle. Son directeur des systèmes d’information, Brandon Sharp, dirige cette transformation après avoir rejoint Standard Pacific en 2003. Il avait alors promis de prendre davantage possession des données que quiconque. Depuis environ huit ans, Brookfield travaille sur cette promesse. L’entreprise a notamment déployé un progiciel de gestion intégré, un schéma commun de données, un entrepôt de données d’entreprise et plusieurs systèmes de reporting. Sharp estime que cette transformation a mobilisé plus de 250 000 heures internes. Vingt groupes opérationnels ont participé au programme, avec sept systèmes majeurs mis en œuvre.
Trois engagements structurent cette transformation selon Brandon Sharp. La conviction signifie que les dirigeants doivent poursuivre le travail lorsque sa difficulté devient visible. La clarté exige que chacun comprenne la direction choisie, sa raison et les efforts attendus. Le capital couvre l’investissement financier, mais aussi le temps consacré par les équipes. Ces collaborateurs devaient simultanément vendre des logements, gérer des artisans et servir des clients. Brookfield a lancé cette transformation en 2018, puis l’a poursuivie pendant la pandémie. Une partie importante du programme s’est déroulée lorsque les salariés travaillaient à distance. La direction a donc dû obtenir l’adhésion des équipes financières, opérationnelles et régionales.
Les premiers gains sont apparus avec des rapports consacrés aux lots disponibles, aux ventes hebdomadaires et aux clôtures. La confiance dans ces informations a ensuite fait émerger une demande pour davantage de données. Lorsqu’une vente est enregistrée, l’entrepôt peut réunir le prix, la marge brute, le courtier et la livraison. Ces informations sont transmises presque en temps réel aux responsables et aux équipes locales. La responsabilité de la qualité revient aux personnes proches de la transaction, plutôt qu’au seul service informatique. Brookfield cherche ainsi à créer une version commune de l’activité. Dans un marché plus difficile, des données âgées de 60 ou 90 jours peuvent conduire à des décisions différentes.
La relation client bénéficie aussi de cette cohérence des données. Les systèmes publics de Brookfield peuvent afficher les lots disponibles, les primes applicables, les logements en stock et les dates prévues d’emménagement. Ils peuvent également présenter les prix, les options et les incitations. Une modification effectuée dans le système opérationnel peut être répercutée dans les informations visibles par le client. Le prix d’une option provient du progiciel de gestion intégré, au lieu d’être entretenu manuellement dans un système distinct. Brookfield veut ainsi aligner le site internet, les conseillers commerciaux et les équipes internes. Selon Sharp, ces informations doivent provenir d’une même source fiable pour préserver la cohérence du parcours client.
Le plan financier a également été relié aux données opérationnelles. Brookfield a remplacé des modèles Excel dépendant de mises à jour manuelles par un modèle standardisé de flux de trésorerie au niveau des actifs. Ce modèle peut être appliqué à plusieurs zones géographiques et types de logements. Les changements de prix de base, de primes de lots, d’options, de rythme des ventes, d’annulations ou d’hypothèses de courtage peuvent modifier le plan d’activité. L’objectif de Brookfield est de faire évoluer ce plan avec l’activité réelle. Sharp oppose cette approche aux cycles classiques, qui peuvent durer plusieurs semaines ou plusieurs mois avant leur révision et leur approbation.
Le conseil IA de Brookfield réunit plusieurs fonctions de l’entreprise. La société investit aussi dans la formation et la certification des salariés. Elle a recensé des dizaines d’applications potentielles dans la finance, les ventes, les achats, les ressources humaines et l’informatique. Une expérimentation, appelée « narrateur opérationnel » par Sharp, utilise l’IA, l’entrepôt de données et les informations de planification. Elle produit des comptes rendus écrits de l’activité selon différents intervalles et marchés géographiques. Brookfield présente l’IA comme un partenaire de réflexion, de rédaction et d’exécution. Son engagement interne prévoit qu’elle renforce la réflexion sans remplacer le jugement humain.
Le principe Brookfield consiste donc à fiabiliser les fondations avant d’accélérer les usages de l’IA. Sharp estime qu’une donnée incohérente ou mal gouvernée pourrait produire des réponses formulées avec assurance, mais déconnectées de l’activité. L’entreprise conserve une responsabilité humaine sur les décisions et la qualité des informations. Cette approche intervient alors que Brookfield cherche à protéger ses marges, gérer ses stocks, ajuster ses lancements et orienter ses capitaux. Brandon Sharp prendra la parole au HousingWire Homebuilder Summit, organisé du 19 au 21 octobre à Dallas. L’événement présente son expérience parmi les initiatives consacrées aux entreprises de construction résidentielle et à leur amélioration opérationnelle.
Lire l’article original de HousingWire et consulter le HousingWire Homebuilder Summit.
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