Par Arthur Dekeyser
En résumé
Bill Gates propose de taxer les robots et les jetons d’intelligence artificielle.
La Fédération internationale de la robotique estime qu’une telle taxe pénaliserait la productivité.
La Corée du Sud reste le seul pays à avoir adopté une taxe sur les robots.
Le signal : Bill Gates veut taxer les robots et les jetons d’IA, tandis que l’IFR juge cette mesure nuisible à la compétitivité.
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Bill Gates propose de taxer les jetons d’intelligence artificielle et les robots. Le cofondateur de Microsoft a formulé cette proposition dans un billet publié le 26 août 2026. Il veut ralentir le remplacement du travail humain par des systèmes avancés et des machines. Selon lui, le régime fiscal américain crée un avantage pour l’automatisation. Les employeurs paient des charges sociales sur les rémunérations humaines. Ils peuvent toutefois comptabiliser les robots comme des dépenses professionnelles. Cette différence « pousse » les entreprises vers les machines, écrit-il. Gates souhaite aussi réunir des dirigeants mondiaux autour d’un cadre national et international. Ce cadre traiterait de l’IA et réserverait volontairement certains emplois aux humains.
L’IFR conteste directement cette analyse. La Fédération internationale de la robotique estime que la taxe sur les robots chercherait à résoudre « un problème qui n’existe pas ». Elle affirme que l’automatisation et les robots créent de nouveaux emplois en augmentant la productivité. L’organisation soutient une coopération accrue entre secteurs public et privé. Elle demande toutefois d’éviter une bureaucratie qui ne produirait pas de valeur. L’IFR juge qu’imposer les outils de production, plutôt que les bénéfices, nuirait à la compétitivité et à l’emploi. Elle ajoute qu’une taxe renchérirait les investissements technologiques des entreprises. Les fabricants utilisent déjà des robots pour les tâches répétitives ou dangereuses, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.
Une transition rapide distingue, selon Gates, l’IA des précédentes mutations technologiques. Le passage de l’agriculture aux emplois de bureau s’est déroulé sur plusieurs générations. Il a créé des postes nécessitant la cognition humaine. Gates estime que l’IA peut voir, écouter, parler, raisonner et effectuer prochainement des tâches physiques. Il prévoit une transformation de secteurs comme le droit, le service client, la médecine, les logiciels et l’industrie. Selon lui, cette évolution pourrait toucher ces activités en une décennie. Il anticipe la création de nouveaux emplois, mais en nombre inférieur à celui des emplois actuels sans politiques adaptées. Cette prévision lui est propre et n’est pas présentée comme un résultat établi.
Un financement social constitue l’autre objectif avancé par Gates. Il écrit qu’une taxe ralentirait légèrement l’abandon du travail humain. Elle pourrait aussi financer la reconversion professionnelle et un filet de sécurité renforcé. Gates avait déjà proposé une taxe sur les robots lors d’un entretien avec Quartz en 2017. Il relance aujourd’hui cette idée en y ajoutant les jetons d’IA. Il souhaite rencontrer des dirigeants mondiaux avant une forte hausse du chômage. Son billet cite également des risques liés aux cyberattaques assistées par l’IA et à certains effets sociaux. Il mentionne le développement des enfants et le remplacement des relations humaines. Il souligne aussi que l’IA peut faciliter la vie et accélérer des progrès en énergie propre, agriculture et santé. (Billet de Bill Gates)
La Corée du Sud a instauré la première taxe nationale sur les robots, entrée en vigueur en 2018. Cette mesure visait à réduire l’effet de l’automatisation sur l’impôt sur le revenu. Elle devait aussi créer un soutien social face à une hausse attendue du chômage. Un article de recherche de 44 pages la présente comme le seul dispositif légal de ce type adopté par un pays. Le Parlement européen a rejeté une taxe sur les robots en 2017. Il a néanmoins demandé un cadre pour encadrer la progression de la robotique. Les États-Unis ne disposent pas de stratégie nationale pour la robotique. Des groupes industriels et des coalitions y défendent activement une telle stratégie. (Analyse académique) Pour aller plus loin, consultez notre guide sur déployer un chatbot IA pour le service client.
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