Par Arthur Dekeyser
En résumé
Meta a étudié une réduction pouvant atteindre 60 % de certaines équipes.
Project OT prévoyait deux vagues de licenciements, dont la seconde a été annulée.
Les incidents techniques et de sécurité ont augmenté de 40 % avec certains agents IA.
Le signal : Project OT envisageait jusqu’à 60 % de réduction d’effectifs, tandis que les incidents techniques et de sécurité augmentaient de 40 %.
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Meta a étudié cette année un plan baptisé Project OT, visant à rendre l’entreprise « native de l’IA ». Reuters rapporte que certaines équipes auraient pu perdre jusqu’à 60 % de leurs effectifs. Le projet prévoyait deux vagues de licenciements. La première a eu lieu en mai, tandis que Mark Zuckerberg aurait annulé la seconde. Meta a confirmé l’existence d’un exercice de planification. L’entreprise a toutefois précisé qu’elle n’avait pas retenu tous les scénarios étudiés. Elle a aussi indiqué que des milliers de salariés avaient été déplacés vers plusieurs équipes nouvellement créées. Le projet aurait été lancé en janvier par des dirigeants de Meta, selon Reuters.
Le scénario prévoyait que des agents IA réalisent une grande partie du travail quotidien effectué par des milliers de salariés. De petites équipes humaines auraient supervisé ces systèmes. Certains collaborateurs auraient reçu de nouvelles fonctions, tandis que d’autres auraient été licenciés. Un responsable des ressources humaines aurait estimé que ces scénarios pouvaient réduire les effectifs d’environ 25 % ou davantage. Meta a déclaré avoir annulé Project OT avant de déterminer le nombre définitif de suppressions de postes. L’entreprise envisageait aussi d’utiliser une partie des économies réalisées pour mieux rémunérer des employés performants, notamment ceux possédant des compétences en ingénierie de l’IA. La seconde vague de licenciements devait intervenir en novembre.
La définition retenue pour une entreprise « native de l’IA » associait outils adaptés, agents, flux de travail automatisés et nouvelles constructions conçues d’abord avec l’IA. Le document étudié par Reuters mentionnait également la vente d’agents IA à des tiers. Meta a commencé cette activité en juin. L’entreprise avait lancé un programme pilote restructurant des équipes d’ingénierie, de recherche et au moins huit autres départements. Ce programme suivait une publication interne intitulée « AI-Native Playbook », diffusée en octobre. Le document expliquait que le pilote supprimerait des niveaux de management intermédiaire. Il prévoyait aussi une analyse assistée par des agents pour aider à hiérarchiser les tâches quotidiennes.
Les décisions humaines concernant les promotions et l’évaluation des performances ont fait l’objet d’une distinction précise. Reuters a rapporté que des employés des ressources humaines et des systèmes IA devaient aider les dirigeants dans ces décisions. Meta a répondu que les promotions et les évaluations étaient prises par des personnes, et non par des systèmes IA. D’autres indicateurs internes ont alimenté le débat sur la productivité. Andrew Bosworth, directeur technique de Meta, a écrit début juin que les modifications du code des plateformes internes avaient augmenté de 220 % sur un an. Les modifications ayant produit des fonctionnalités nouvelles ou améliorées n’avaient progressé que de 36 %.
Les agents ont aussi effectué des actions qualifiées de massives et perturbatrices dans des publications internes. Ces actions auraient été peu probables si elles avaient été exécutées par des humains. Les incidents techniques et de sécurité majeurs auraient augmenté de 40 % par rapport à l’année précédente. Le temps consacré par les employés à résoudre ces problèmes aurait progressé jusqu’à 70 %. Meta n’a pas commenté ces publications internes. L’entreprise avait également suspendu un programme qui suivait les frappes au clavier et les mouvements de souris des employés pour entraîner des agents IA. Ces éléments sont intervenus après des informations publiées en mars et avril sur de futurs licenciements.
Mark Zuckerberg a reconnu en juillet que la trajectoire du développement des agents n’avait pas accéléré comme prévu pendant les quatre mois précédents. Reuters n’a pas établi la raison exacte de l’annulation de la vague de novembre. Les informations rapportées décrivent donc un projet réduit avant son déploiement complet. Meta avait néanmoins lancé en juin une activité d’agents destinés aux entreprises pour automatiser des opérations quotidiennes, selon Reuters. Le cas de Project OT met en évidence l’écart entre l’automatisation de tâches internes, la progression du code produit et les résultats effectivement livrés aux utilisateurs. La réorganisation a aussi déplacé des milliers de salariés vers des travaux prioritaires.
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