Par Arthur Dekeyser
En résumé
Bill Demchak veut donner la priorité aux investissements de PNC dans l’IA.
PNC prévoit des dépenses de centaines de millions pour réaliser des économies de plusieurs milliards.
Le dirigeant anticipe davantage de fusions parmi les petites banques dans les prochaines années.
Le signal : Bill Demchak prévoit davantage de fusions parmi les petites banques incapables de financer leurs propres infrastructures de calcul.
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Priorité à l’IA Bill Demchak, directeur général de PNC, concentre actuellement son attention sur les plans de croissance de la banque dans l’intelligence artificielle. Il estime que cette transformation coûtera « des centaines de millions pour économiser des milliards » chaque année. Demchak s’est exprimé la semaine dernière à la conférence Money20/20, organisée à Las Vegas. Il a déclaré que PNC voulait posséder ses propres capacités de calcul et ses propres données. Selon lui, les banques qui ne contrôlent pas leurs centres de données et leurs processeurs graphiques prendront du retard. Il prévoit aussi que cette évolution influencera directement les opérations de fusions-acquisitions dans le secteur bancaire. Lire l’analyse de Banking Dive
Des capacités internes Demchak considère la maîtrise du calcul comme une condition d’efficacité pour PNC. Il ne souhaite pas partager ces ressources avec d’autres acteurs. Il affirme que les gains d’efficacité apparaissent rapidement une fois cette infrastructure contrôlée. Plusieurs banques utilisent encore des ordinateurs centraux, selon lui. D’autres ont choisi d’investir fortement dans l’informatique en nuage. Certaines ne disposent toutefois pas des moyens financiers nécessaires pour investir suffisamment. Demchak estime que cette situation pourrait créer un environnement favorable aux acquisitions. Il cible particulièrement les petites banques au cours des prochaines années. Son analyse relie donc les choix technologiques, les capacités d’investissement et la concentration attendue du secteur bancaire.
Un calendrier resserré PNC veut éviter qu’une grande opération ralentisse ses projets d’intelligence artificielle. Demchak explique qu’un rapprochement important pourrait nécessiter deux ou trois ans pour réunir les systèmes sur une même plateforme. Pendant cette période, la banque devrait interrompre une partie de ses travaux consacrés à l’IA. Il estime qu’une telle pause pourrait laisser PNC dépassée quelques années plus tard. Selon lui, « le jeu pourrait être terminé dans deux ans ». Demchak juge possible qu’un concurrent réalise une grande acquisition pendant cette période. Il pense néanmoins que la vitesse d’adoption, l’efficacité et la capacité d’investissement de PNC pourraient dépasser celles d’un concurrent immobilisé par l’intégration de deux entreprises.
Des progrès attendus Demchak prévoit des progrès significatifs liés à l’IA au cours des trois prochaines années. Il a indiqué vouloir présenter une feuille de route avant cette échéance. Ce document doit exposer les objectifs spécifiques de PNC à ses parties prenantes. Le dirigeant a aussi décrit les conséquences humaines de cette transformation. Il cite la conception de l’organisation, la reconversion des employés et la sélection des personnes adaptées aux nouvelles fonctions. Il prévoit également que des prestataires externes travaillant depuis l’étranger ne seront plus employés par PNC au fil du temps. Il estime que les effets toucheront aussi le secteur technologique, notamment les programmeurs. Il qualifie cette évolution de très perturbatrice. Consulter l’article original
Des achats ciblés PNC compte construire et posséder ses applications liées à l’intelligence artificielle. La banque reste toutefois ouverte à l’achat de composants technologiques adaptés directement à ses besoins. Demchak précise que ces achats ne doivent pas créer de risque d’enfermement auprès d’un fournisseur. Il préfère développer une solution lorsque le vendeur impose des options inutiles ou un prix trop élevé. PNC a néanmoins adopté l’interface utilisateur d’un tiers pour son système de demandes de prêts immobiliers. Demchak décrit cette solution comme suffisamment adaptée pour être activée pendant un week-end. Il justifie ce choix par la qualité du produit, son prix et sa simplicité. Il affirme qu’il n’était alors pas nécessaire de reconstruire la solution en interne.
Un humain reste présent Demchak affirme qu’une personne restera toujours intégrée dans la supervision des systèmes d’IA. Il a repris cette position lors de son discours à Money20/20. Selon lui, PNC ne laissera jamais ces systèmes fonctionner sans contrôle humain. Il estime que les personnes conservant ce rôle deviendront plus précieuses. Cette organisation accompagnera les changements liés à la conception des postes et à la reconversion. Elle s’inscrit aussi dans la volonté de PNC de conserver la maîtrise de ses applications. Le dirigeant associe donc l’automatisation à une supervision humaine permanente. Il prévoit de détailler les objectifs de la banque dans une feuille de route destinée aux parties prenantes au cours des trois prochaines années.
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