La poule aux œufs d’or : Il y a encore quelques années, ouvrir un club de padel était l’investissement parfait. Vous achetiez un terrain entre 25 000 et 60 000€, quatre joueurs à 15€ de l’heure, vous aviez une rentabilité promise en 2 ou 3 ans. En 2019, la France comptait 700 terrains. Aujourd’hui : 3 000. Le marché pèse 350 millions d’euros par an.
Le problème, c’est le taux d’occupation : le succès d’un sport ne garantit pas le succès de ceux qui investissent autour. Un club peut générer entre 150 000 et 400 000€ de CA, mais son bénéfice net dépasse rarement 30 000 à 80 000€. et il suffit qu’un nouveau complexe ouvre à quelques kilomètres pour que la fréquentation baisse de 15 à 20% et que le bénéfice disparaisse entièrement, car les charges sont fixes.
La Suède a déjà fait le crash-test : tout le monde a pris la même décision logique en même temps. Chaque investisseur voyait des clubs pleins et se disait “il manque des terrains”. Des centaines d’investisseurs pensaient la même chose. Quelques mois plus tard, ils ouvraient tous en même temps et le marché passait d’un manque d’offre à un excès brutal.
Et tout le château de cartes s’est écroulé : près de 500 millions d’euros seraient partis en fumée, des clubs flambant neufs ont fermé et plusieurs investisseurs ont encaissé de lourdes pertes. L’exemple le plus marquant est celui de Carlos Preciado : son complexe compte 22 terrains, mais aujourd’hui, seuls 4 sont réellement utilisés. Les 18 autres continuent de coûter de l’argent sans presque rien rapporter.
En France, les premiers signaux apparaissent déjà : prix cassés pour remplir les créneaux, terrains presque neufs revendus à la casse et spécialistes qui ne parlent plus de croissance, mais de consolidation. Les grands groupes commencent à attendre que les petits clubs les plus fragiles tombent pour les racheter moins cher.
Gardez un coup d'avance en IA et tech.
Chaque mardi et vendredi, l'essentiel en business & IA décryptées en 5 minutes. Zéro spam.