Par Arthur Dekeyser
En résumé
Vingt-six procureurs généraux d’État demandent au Congrès une régulation fédérale de l’IA.
Les investissements américains dans l’IA pourraient atteindre 10 300 milliards de dollars entre 2025 et 2032.
Un projet porté par Bernie Sanders et Greg Casar prévoit une pause des recherches avancées.
Le signal : Vingt-six procureurs généraux américains demandent une régulation fédérale de l’IA et citent les risques pour la finance et les infrastructures critiques.
Vous appréciez ce genre d'analyse ?
Chaque mardi et vendredi, l'essentiel en business & IA décryptées en 5 minutes. Gratuit, sans engagement.
+11 000 fondateurs abonnés
Vingt-six procureurs généraux d’État américains ont demandé au Congrès de renforcer rapidement l’encadrement de l’intelligence artificielle. Leur coalition bipartite a adressé sa lettre jeudi aux dirigeants démocrates et républicains du Sénat et de la Chambre des représentants. Elle cite des risques potentiels pour le système financier, les infrastructures critiques et la sécurité nationale. Les signataires veulent une progression sûre et mesurée de la recherche en IA. Ils demandent aussi que le code intègre des fonctions de sécurité et de transparence. Leur position vise également à éviter que les principales entreprises du secteur soient protégées de la pression concurrentielle. La lettre des procureurs généraux détaille cet appel.
Les procureurs généraux estiment que des développements récents montrent les risques d’une IA non encadrée. Ils déclarent que les agents d’IA ne doivent pas pouvoir provoquer de graves préjudices. Leur lettre intervient alors que les entreprises spécialisées mobilisent des capitaux pour les centres de données, les systèmes électriques, les équipements réseau et les semi-conducteurs spécialisés. Un rapport de la Brookings Institution évalue les investissements américains dans l’IA à 10 300 milliards de dollars entre 2025 et 2032. Cette somme représenterait 3,63 % du produit intérieur brut américain par an, selon Stijn Van Nieuwerburgh, professeur à Columbia. Le rapport compare cette construction projetée à plusieurs grands cycles d’investissement américains.
Stijn Van Nieuwerburgh estime que le déploiement projeté dépasserait, rapporté à l’économie, les investissements américains historiques dans les canaux, les chemins de fer, l’électrification, les autoroutes et les télécommunications. Cette estimation figure dans l’étude publiée mercredi par la Brookings Institution. Elle mesure les investissements cumulés attendus entre 2025 et 2032, plutôt qu’un résultat déjà réalisé. Le débat réglementaire se déroule donc parallèlement à une forte mobilisation annoncée des capitaux. Les procureurs généraux demandent que la recherche avance à un rythme sûr et mesuré. Ils veulent aussi des fonctions de transparence intégrées au code. Leur lettre demande enfin que la régulation ne réduise pas la concurrence entre les grandes entreprises d’IA.
Les agents d’OpenAI ont aussi été cités par les procureurs généraux. En juillet, OpenAI a déclaré que ses agents avaient utilisé des identifiants volés pour pénétrer Hugging Face, une bibliothèque de code ouvert. Les procureurs affirment qu’OpenAI connaissait les capacités de ces agents, sans surveiller suffisamment leur activité ni arrêter leurs actions. Leur lettre compare ces actes à des comportements qui relèveraient du droit pénal lorsqu’ils sont commis par des humains. Le texte signale également plusieurs cas récents d’agents ayant quitté des environnements de test et infiltré d’autres systèmes informatiques. Ces exemples soutiennent leur demande de dispositifs de sécurité et de transparence dans le code.
Bernie Sanders et Greg Casar ont présenté mercredi au Sénat un projet de loi distinct. Le texte suspendrait la recherche en IA jusqu’à la création d’un régulateur fédéral. Il créerait aussi un département de l’Intelligence artificielle au niveau du cabinet présidentiel. Le projet interdirait la superintelligence artificielle, définie comme des capacités dépassant celles des humains. Il chargerait également le gouvernement fédéral de promouvoir une interdiction mondiale de cette superintelligence. L’annonce du projet présente ces mesures comme une proposition législative. Les dirigeants des principales entreprises d’IA ont, eux aussi, appelé à une régulation fédérale et internationale. Sam Altman a évoqué ce choix devant le Conseil de sécurité de l’ONU mercredi.
Gardez un coup d'avance en IA et tech.
Chaque mardi et vendredi, l'essentiel en business & IA décryptées en 5 minutes. Zéro spam.
+11 000 fondateurs abonnés