Anthropic recrute l’ex-conseiller IA de Keir Starmer
#kimi 3 min · 2 septembre 2026

Anthropic recrute l’ex-conseiller IA de Keir Starmer

Par Arthur Dekeyser

En résumé

1

Matt Clifford rejoint Anthropic comme directeur général chargé des affaires internationales.

2

Clifford conserve la présidence d’Aria, l’agence britannique dédiée aux projets scientifiques et technologiques de rupture.

3

Chi Onwurah considère le maintien de ses fonctions publiques comme un conflit d’intérêts manifeste.

💡

Le signal : Matt Clifford dirigera les relations internationales d’Anthropic tout en présidant Aria, qui finance des projets scientifiques et technologiques britanniques.

NEWSLETTER BUSINESS & IA

Vous appréciez ce genre d'analyse ?

Chaque mardi et vendredi, l'essentiel en business & IA décryptées en 5 minutes. Gratuit, sans engagement.

+11 000 fondateurs abonnés

Matt Clifford rejoint Anthropic comme directeur général chargé des affaires internationales, après avoir contribué à la stratégie britannique sur l’intelligence artificielle. Il dirigera les relations de l’entreprise avec les gouvernements situés hors des États-Unis. Son périmètre couvrira le Royaume-Uni, l’Europe, l’Asie-Pacifique et l’Inde. Clifford avait été nommé conseiller de Keir Starmer sur les opportunités liées à l’IA l’an dernier. Il avait quitté cette fonction non rémunérée six mois plus tard pour des raisons personnelles. Son arrivée intervient alors qu’Anthropic prépare une entrée en Bourse susceptible de valoriser l’entreprise à 2 000 milliards de dollars, selon les informations rapportées par The Guardian.

Un parcours public stratégique Clifford a joué un rôle dans la création de l’organisation devenue l’AI Security Institute britannique. Il avait aussi représenté le gouvernement de Rishi Sunak au sommet sur la sécurité de l’IA organisé au Royaume-Uni en 2023. Avant ses fonctions publiques, il avait cofondé Entrepreneurs First, une société de capital-risque technologique. Cette structure a contribué à créer des entreprises dont la valeur cumulée dépasse 20 milliards de dollars. Comme conseiller de Starmer, Clifford avait rédigé le plan d’action gouvernemental sur l’IA. Ce plan soutient notamment des zones de croissance pour l’IA, des centres de données et la construction de modèles d’IA britanniques.

Clifford conserve la présidence d’Aria

Un mandat public maintenu Anthropic a confirmé que Clifford resterait président d’Aria, l’Advanced Research and Invention Agency britannique. Cette agence financée par l’État soutient des projets scientifiques et technologiques qualifiés de « moonshot ». Clifford en assure la présidence depuis 2022. Il conservera également son rôle de président chez Entrepreneurs First, qu’il a cofondée. Selon les informations rapportées, il devrait se retirer de tout dossier concernant Anthropic au sein d’Aria. Cette séparation annoncée n’a toutefois pas convaincu Chi Onwurah, présidente de la commission des sciences, de l’innovation et de la technologie de la Chambre des communes. Elle demande au ministre de l’IA, Kanishka Narayan, de définir des limites précises.

Une alerte de conflit Chi Onwurah qualifie le maintien de Clifford à la tête d’Aria de « conflit d’intérêts manifeste ». Elle souligne que l’agence dépense de l’argent public dans des recherches de pointe, dont une partie est liée à l’IA ou stimulée par cette technologie. Tom Brake, directeur général d’Unlock Democracy, estime que le passage du secteur public au secteur privé peut donner à Anthropic un avantage important. Il affirme que Clifford emporte une connaissance approfondie des politiques publiques liées à l’IA. Beeban Kidron, membre indépendante de la Chambre des lords, appelle de son côté à une politique plus indépendante. Anthropic et le gouvernement britannique ont été sollicités pour commenter ces critiques.

Anthropic vise plusieurs gouvernements

Une mission internationale revendiquée Clifford affirme que les décisions les plus importantes sur l’IA seront prises conjointement par les entreprises et les gouvernements. Il dit vouloir faire d’Anthropic un partenaire réel pour les pays qui souhaitent conserver une capacité d’action sur la conception et l’utilisation de cette technologie. Le porte-parole de l’entreprise précise que le Royaume-Uni fait partie des dizaines de gouvernements avec lesquels l’équipe de Clifford échangera. Anthropic justifie son recrutement par l’expertise nécessaire pour comprendre le fonctionnement des administrations. Le débat britannique s’inscrit aussi dans une série de passages entre pouvoir public et grandes entreprises technologiques, après Nick Clegg, Rishi Sunak et George Osborne.

Gardez un coup d'avance en IA et tech.

Chaque mardi et vendredi, l'essentiel en business & IA décryptées en 5 minutes. Zéro spam.

+11 000 fondateurs abonnés

À lire aussi