Par Arthur Dekeyser
En résumé
Mastercard a enregistré plus de 240 candidatures pour son programme européen 2026.
Les agents IA ciblent la trésorerie, la fraude, la cybersécurité et la conformité.
Les fintechs intègrent davantage les paiements et les services financiers aux logiciels métiers.
Le signal : Mastercard a reçu plus de 240 candidatures en 2026, dont 190 correspondaient au profil fintech recherché.
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Mastercard observe une maturité accrue dans les candidatures de son programme Mastercard For Fintechs 2026. Plus de 240 dossiers ont été enregistrés dans sept pays européens. Parmi eux, 190 correspondaient au profil de fintech recherché. Le périmètre France-Belgique-Luxembourg comptait 63 candidatures éligibles. Les projets présentent davantage de solutions déjà commercialisées, avec de premiers revenus et parfois des financements obtenus. Six finalistes France-Belux ont été retenus. Ils participeront à la finale organisée le 22 septembre à Paris. Le programme soutient la croissance de fintechs en Belgique, au Luxembourg, en France, en Italie, aux Pays-Bas, en Espagne et au Portugal. Voir la présentation de l’événement.
Les dossiers changent de nature selon Johanna Lorent, vice-présidente Head of Digital Partners France, et Vanessa Santagati, Director Account Management BeLux chez Mastercard. La sélection évalue désormais l’exécution, le développement dans plusieurs marchés et la capacité à construire un partenariat industriel. L’intelligence artificielle apparaît parmi les tendances les plus visibles. Les fintechs ciblent surtout les agents capables d’intervenir dans des processus métier. Les cas cités concernent la cybersécurité, la lutte contre la fraude et la conformité. Giskard AI, l’un des six finalistes, teste les vulnérabilités des agents IA. Mastercard étudie aussi l’usage d’agents de trésorerie pour préparer des opérations, effectuer un virement ou déclencher un financement selon des règles définies.
Le paiement agentique constitue un autre cas d’usage décrit par Mastercard. Un utilisateur pourrait définir des critères d’achat et autoriser un agent à payer lorsqu’un produit correspondant est trouvé. Mastercard a annoncé en juin ses premières transactions européennes de paiement agentique réalisées de bout en bout. Crédit Agricole et Worldline figuraient parmi les partenaires cités. Des pilotes ont également été menés en Belgique avec KBC et ING. L’entreprise décrit par ailleurs un agent de trésorerie comme une forme de « virtual CFO ». Cet outil pourrait aider les dirigeants à comprendre leur activité, anticiper des risques et prendre des décisions financières selon les règles fixées par leur organisation.
L’automatisation financière s’impose aussi dans les dossiers consacrés aux entreprises et aux PME. Les projets couvrent la collecte de données, la trésorerie, les factures, le rapprochement, le contrôle des dépenses, le risque et l’accès au financement. Leur objectif est de transformer le paiement en donnée de gestion exploitable en temps réel. La facturation électronique apparaît dans certains dossiers, comme une composante d’une automatisation plus large. CashLab, finaliste français, travaille sur le pilotage et la prévision de trésorerie. La finance embarquée s’intègre également à des plateformes dédiées au sport, aux ressources humaines, au commerce, à l’assurance, à la mobilité ou à la gestion d’entreprise.
Les actifs numériques restent présents dans les candidatures, notamment pour les paiements transfrontaliers, le financement et la titrisation des créances. Mastercard décrit un rapprochement entre infrastructures blockchain et infrastructures de paiement traditionnelles. L’entreprise a annoncé en août l’acquisition de BVNK, une infrastructure de paiement fondée sur la blockchain. Venly Finance, finaliste belge, propose une infrastructure basée sur les stablecoins pour les fintechs, les prestataires de paiement, les néobanques et les marketplaces. La société a déjà levé 1 million d’euros et dispose de revenus d’abonnement. En France, Tranched développe une infrastructure de titrisation « on-chain », avec tokenisation de prêts et automatisation des règles de paiement.
Les six finalistes illustrent plusieurs usages sectoriels de ces technologies. Sportyneo concentre son offre sur les clubs sportifs et les associations. Peaky propose une plateforme de planification financière qui suit l’exécution des plans, détecte les écarts et permet d’agir avant leur impact sur les résultats. Pour l’édition 2027, Johanna Lorent et Vanessa Santagati recommandent de relier chaque technologie à un problème concret. Elles demandent aussi de mesurer l’impact, d’expliquer la différenciation et de présenter un modèle économique clair. La capacité à changer d’échelle et à se développer à l’international compte également parmi les critères annoncés. Lire l’article complet de Maddyness.
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