Lobna Calleja Ben Hassine mise sur la créativité augmentée
Rh 3 min · 17 septembre 2026

Lobna Calleja Ben Hassine mise sur la créativité augmentée

Par Arthur Dekeyser

En résumé

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Lobna Calleja Ben Hassine distingue la créativité, qui produit des idées, de l’innovation, qui les concrétise.

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Le modèle FourSight décrit quatre préférences de pensée créative, du Clarificateur à l’Implémenteur.

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Keolis a repensé ses plannings en intégrant les souhaits et les contraintes des chauffeurs de bus.

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Le signal : Lobna Calleja Ben Hassine relie les 81 % de professionnels RH épuisés aux 8 % de salariés français engagés.

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Lobna Calleja Ben Hassine défend la créativité augmentée par l’intelligence artificielle comme une piste pour repenser les organisations. Dans une tribune publiée le 17 septembre 2026, la DRH de formation décrit quinze années d’innovations internes. Télétravail, flexibilité, congés illimités, digitalisation et management bienveillant ont été expérimentés. Pourtant, les entreprises rencontrent encore des difficultés d’attraction, de rétention et d’engagement. Les collaborateurs attendent notamment une rémunération adaptée, du sens, un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, ainsi que des perspectives de carrière. L’autrice relie cette situation à deux chiffres précis : 81 % des professionnels RH déclarent un épuisement professionnel, tandis que 8 % des salariés français se disent engagés.

Repenser les problèmes RH par la créativité

Un diagnostic RH replace ensuite la créativité au centre de la résolution de problèmes. Lobna Calleja Ben Hassine estime que les organisations ont souvent amélioré le système sans remettre ses causes en question. Elle cite le stress comme exemple. Les entreprises forment les salariés à sa gestion, mais interrogent moins la charge de travail, le management, l’organisation, les objectifs contradictoires ou les processus absurdes. La tribune distingue ainsi créativité et innovation. La créativité consiste à regarder un problème autrement pour faire émerger des idées. L’innovation concrétise ensuite ces idées ou solutions. En ressources humaines, cette méthode pourrait concerner le recrutement, la fidélisation, les compétences, la mobilité, l’absentéisme et la performance organisationnelle.

FourSight décrit quatre profils créatifs

Le modèle FourSight de Gérard Puccio identifie quatre préférences de pensée. Le Clarificateur analyse le problème, collecte les faits et cherche à formuler la bonne question. L’Idéateur explore les possibilités et produit des idées nouvelles sans se censurer. Le Développeur évalue, transforme et affine ces idées pour construire une solution viable. L’Implémenteur passe à l’action et met en œuvre la solution retenue. Lobna Calleja Ben Hassine présente ces profils comme les étapes d’un processus créatif. Elle rappelle que les organisations mobilisent déjà ces quatre fonctions dans leurs façons de travailler. La créativité ne serait donc pas réservée aux designers, aux publicitaires ou aux artistes.

Keolis, un cas concret de transformation

L’exemple de Keolis illustre cette approche appliquée à un problème organisationnel. L’entreprise rencontrait des difficultés d’attraction, de rétention et d’absentéisme. L’analyse a fait ressortir un irritant majeur : les plannings. Les horaires tôt le matin, tard le soir, le week-end et les jours fériés ne correspondent pas à toutes les vies. Une réponse classique aurait consisté à investir dans la marque employeur. Keolis a posé une autre question : comment construire les plannings autrement ? L’entreprise a voulu permettre aux chauffeurs de bus d’exprimer leurs souhaits et leurs contraintes. Les plannings ne reposaient donc plus uniquement sur les besoins de l’activité et les contrats horaires. Cette démarche a déplacé le problème vers son organisation concrète.

L’IA élargit les solutions réalisables

L’intelligence artificielle intervient, selon l’autrice, après l’émergence des idées. Une solution doit encore composer avec des contraintes humaines, culturelles, budgétaires, réglementaires et technologiques. Elle affirme que l’IA peut réduire certains freins technologiques qui conduisaient auparavant à abandonner des idées difficiles à mettre en œuvre. Elle ne présente toutefois pas l’IA comme une réponse universelle. Mettre de l’IA dans des processus fatigués ne résoudrait pas leur problème initial. La démarche proposée consiste plutôt à repenser le processus en intégrant l’IA dès sa conception. Cette distinction vise à utiliser la technologie pour traiter les causes organisationnelles, plutôt que pour accélérer des pratiques existantes.

Une réorientation stratégique se dessine dans cette tribune : passer de l’amélioration de l’existant à la remise en question des modèles organisationnels, des façons de travailler et des processus. Lobna Calleja Ben Hassine estime que les quinze années d’innovation ont laissé une place insuffisante à la créativité. Elle associe cette capacité humaine à l’IA pour élargir les solutions envisageables par les organisations. Son propos s’appuie sur l’exemple de Keolis et sur le modèle FourSight. La tribune invite donc les directions et les managers à partager la responsabilité de l’engagement des collaborateurs avec la fonction RH. La prochaine étape consiste à reconnaître, activer et intégrer la créativité dans les décisions de travail. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur l’IA dans le recrutement et les obligations de l’AI Act.

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