En résumé
Le CNB signe un partenariat d’un an avec Jimini AI pour former les élèves-avocats.
Plus de 4 000 élèves de 11 écoles accéderont gratuitement à l’outil dans les prochaines semaines.
Les exercices utiliseront des dossiers pédagogiques et aborderont les biais ainsi que les hallucinations.
Le signal : Le CNB donnera accès gratuitement à Jimini AI à plus de 4 000 élèves-avocats issus de 11 écoles françaises.
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Partenariat inédit, le Conseil national des barreaux et Jimini AI annoncent un accord d’un an pour former les futurs avocats à l’intelligence artificielle. Dans les prochaines semaines, plus de 4 000 élèves-avocats pourront accéder gratuitement à l’outil pendant leur formation initiale. Le dispositif concerne les 11 écoles françaises d’avocats. Il s’agit du premier partenariat conclu par le CNB avec une startup française. Son montant n’a pas été communiqué. Il dépendra du niveau d’utilisation de la solution par les élèves. Julie Couturier, présidente du CNB, justifie cette initiative par les usages professionnels déjà observés. Selon elle, 62 % des avocats en activité utilisent l’intelligence artificielle dans leur pratique. Lire l’article original de Maddyness.
Usages encadrés, chaque élève disposera d’un espace de travail consacré à plusieurs applications juridiques. Les exercices couvriront la recherche juridique, l’analyse de documents et l’assistance à la rédaction. Ils incluront aussi la préparation de travaux liés au conseil et au contentieux. Les élèves pourront automatiser certaines tâches chronophages à partir de dossiers pédagogiques. Ces exercices n’utiliseront donc pas de véritables dossiers clients. Des ressources de formation doivent également présenter les biais et les risques d’hallucinations. Raphaël Arroche, directeur général de Jimini AI, décrit une solution transversale. Elle s’adresse aux futurs avocats, quel que soit leur domaine de spécialité. Le dirigeant affirme déjà constater un fort taux d’inscription des élèves.
Positionnement juridique, Jimini AI arrive dans un marché plus concurrentiel. Harvey, acteur américain, et Legora, entreprise suédoise, ont ouvert des bureaux à Paris ces derniers mois. Jimini entend se distinguer par une approche européenne. Raphaël Arroche affirme que la solution a été conçue pour les spécificités du droit continental. Selon lui, plusieurs outils concurrents restent principalement pensés pour les systèmes juridiques anglo-saxons. La souveraineté et la sécurité ont également pesé dans la décision du CNB. Julie Couturier indique que ces exigences ont orienté le choix de Jimini AI. La startup, créée en 2023, revendique désormais plus de 10 000 utilisateurs. Gide et CMA CGM figurent parmi ses clients.
Responsabilité maintenue, Julie Couturier rejette l’idée d’un remplacement des avocats par l’intelligence artificielle. Elle estime que leur rôle va plutôt se transformer. L’avocat devra conserver son esprit critique et rester responsable. La relation avec le client deviendra aussi plus horizontale, selon la présidente du CNB. Elle observe que les clients disposent de davantage de connaissances grâce à l’intelligence artificielle. Les professionnels devront donc rester particulièrement affûtés. Le CNB estime que cette évolution ne demande pas, à ce stade, une refonte profonde des règles déontologiques. Le secret professionnel, la confidentialité et l’obligation de compétence existent déjà. L’enjeu consiste désormais à appliquer ces principes aux nouveaux outils utilisés par les avocats.
Recommandations professionnelles, le CNB conseille aux avocats de privilégier des solutions adaptées à leur profession. Cette recommandation vise les outils spécialisés plutôt que les services d’intelligence artificielle grand public. Le partenariat avec Jimini AI doit permettre aux élèves d’expérimenter des usages concrets avant leur entrée en cabinet. Les travaux porteront sur des dossiers pédagogiques, sans exposition de dossiers clients réels. La formation intégrera aussi les biais et les hallucinations, deux risques explicitement cités dans le dispositif. L’accès sera gratuit pour les élèves concernés pendant leur formation initiale. La durée annoncée du partenariat est d’un an. Son coût variera selon l’utilisation de la solution par les élèves. Relire les détails du partenariat. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur les usages de l’IA par les avocats et juristes.
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