Kaspersky voit l’IA industrialiser l’usurpation de marque
Cybersécurité 3 min · 2 septembre 2026

Kaspersky voit l’IA industrialiser l’usurpation de marque

Par Arthur Dekeyser

En résumé

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Kaspersky classe l’usurpation de marque parmi les trois principales arnaques par messagerie en France.

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Les escrocs combinent SMS, WhatsApp et Facebook pour rendre leurs messages frauduleux plus crédibles.

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Les victimes françaises associent durablement colère, frustration et méfiance aux marques usurpées.

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Le signal : En France, 52 % des arnaques étudiées passent par plusieurs plateformes avant leur détection.

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Kaspersky alerte sur l’industrialisation des arnaques par messagerie grâce à l’intelligence artificielle. Selon une étude menée par Censuswide pour Kaspersky en avril 2026, l’usurpation d’identité de marque représente 24 % des arnaques par messagerie en France. Elle figure ainsi parmi les trois formes les plus répandues dans le pays. À l’échelle mondiale, cette proportion atteint 31 %. Les cybercriminels produisent des messages capables d’imiter les marques et leurs codes de communication. Les consommateurs distinguent donc plus difficilement les contenus authentiques des contenus frauduleux. Certaines victimes ont été piégées jusqu’à cinq fois. L’étude porte sur 2 806 victimes âgées de 16 à 61 ans.

La confiance recule après les attaques subies sur les canaux de messagerie. En France, 98 % des consommateurs victimes déclarent ne plus faire confiance aux notifications reçues sur ces canaux. Plus d’une victime française sur quatre, soit 26 %, affirme avoir été piégée au moins trois fois. Pour la victime type, le dernier incident remonte à moins de six mois. Les conséquences dépassent les pertes financières et les données volées. Dans l’immédiat, 56 % des victimes ressentent de la colère, 39 % du désarroi et 35 % de la frustration. Six mois plus tard, 63 % ressentent encore de la colère, selon les résultats présentés par Kaspersky.

Les plateformes concentrent les attaques

Les canaux légitimes servent aussi de points de départ aux escroqueries. L’étude indique que 43 % des attaques commencent par SMS ou iMessage. WhatsApp arrive ensuite avec 33 %, puis Facebook avec 27 %. En France, 52 % des arnaques se déploient sur plusieurs plateformes avant que les victimes comprennent la supercherie. Cette circulation multiplateforme renforce la crédibilité des messages frauduleux, selon l’étude. Les contenus malveillants et légitimes partagent souvent les mêmes formats et les mêmes codes d’urgence. Les consommateurs doivent alors arbitrer sans repères clairs. Robert Siciliano, PDG de Protect Now, décrit ces pratiques comme une manipulation émotionnelle fondée sur de fausses alertes et des situations d’urgence.

L’IA amplifie les techniques utilisées pour imiter les marques. En France, 56 % des personnes interrogées estiment que l’intelligence artificielle a joué un rôle dans l’arnaque subie. Parmi elles, 33 % citent des messages générés par l’IA, 21 % des voix synthétiques et 22 % des contenus visuels deepfakes. Maria Isabel Manjarrez, chercheuse séniore au sein de l’équipe GReAT de Kaspersky, estime que cette technologie accélère l’érosion de la confiance dans les messages quotidiens. Kaspersky recommande aux marques de renforcer la détection, de clarifier leurs pratiques de communication et de sensibiliser régulièrement leurs clients. Le rapport complet détaille ces résultats.

Les marques doivent expliquer clairement ce qu’elles ne demanderont jamais par messagerie. Kaspersky recommande aussi de rediriger les clients vers des canaux vérifiés pour toute action ou transaction sensible. L’entreprise préconise des campagnes continues de sensibilisation auprès des consommateurs et des collaborateurs. Elle conseille également de former les équipes afin qu’elles transmettent des informations utiles et renforcent leur propre résistance aux cybermenaces. Enfin, les marques sont invitées à déployer des outils de surveillance et de détection sur les réseaux sociaux, les places de marché et le dark web. Ces solutions doivent faciliter l’identification des usurpations et la neutralisation rapide des contenus malveillants.

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