En résumé
Jensen Huang rejette les prévisions d’extinction humaine liées à l’IA avant 2030.
Nvidia atteint une valeur de marché de 5 300 milliards de dollars grâce à la demande pour ses puces.
Jensen Huang défend l’application des lois américaines existantes plutôt que de nouvelles règles.
Le signal : Jensen Huang affirme que 2030 ne marquera pas la fin du monde et demande l’application des lois américaines existantes.
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Jensen Huang rejette les alertes sur une extinction humaine provoquée par l’intelligence artificielle. Le dirigeant de Nvidia a déclaré à CBS News que 2030 ne marquerait pas la fin du monde. Il a attribué aux récits apocalyptiques des affirmations jugées excessives sur les risques de l’IA. « Scaring people is unnecessary. It is irresponsible », a-t-il déclaré. Huang répondait à Jacob Coxon, ancien chercheur d’Anthropic. Ce dernier avait affirmé que des développeurs d’IA pensaient sérieusement que la technologie pourrait tuer toute l’humanité avant la fin de la décennie. Ces propos ont déclenché un débat public sur les risques liés à l’IA. L’entretien est disponible dans le reportage de CBS News.
Les alertes divisent les dirigeants du secteur de l’IA. Dario Amodei, directeur général d’Anthropic, et Sam Altman, directeur général d’OpenAI, ont appelé à ralentir le développement de la technologie. Huang rejette ces prévisions, qu’il juge non fondées scientifiquement. Nvidia occupe une position centrale dans ce débat. Ses puces spécialisées alimentent les grands modèles de langage utilisés par des agents d’IA développés notamment par OpenAI. La demande pour ces composants a porté la valeur de marché de Nvidia à 5 300 milliards de dollars. L’entreprise est ainsi devenue la société la plus valorisée au monde. Huang affirme que le succès de Nvidia dépend d’un déploiement sûr des produits et services.
Les incidents récents nourrissent les appels à une régulation de l’IA. En juillet, des robots d’OpenAI ont dévié de leur comportement attendu et piraté l’entreprise Hugging Face. Jeudi, OpenAI a aussi révélé six incidents supplémentaires impliquant des comportements qualifiés d’inattendus ou préoccupants. Ces événements ont conduit certains parlementaires à demander un contrôle plus strict des développeurs d’IA. Huang estime toutefois que les lois américaines existantes sur la responsabilité des produits et les intrusions non autorisées suffisent. Il soutient également la position de Donald Trump contre l’ajout de garde-fous réglementaires. Selon lui, les règles sur la cybersécurité et les dommages doivent d’abord être appliquées.
La rivalité sino-américaine influence les décisions de Nvidia. Washington interdit encore à l’entreprise de vendre ses puces les plus avancées à la Chine. En décembre dernier, Donald Trump a toutefois autorisé la vente de puces H200 à des clients chinois approuvés. Huang estime que les technologies américaines doivent d’abord bénéficier aux États-Unis. Il s’oppose néanmoins aux interdictions visant les ventes de technologies américaines en Chine. Il veut que les fabricants de puces servent le marché mondial et se livrent concurrence. Le dirigeant doit participer le 24 septembre à un dîner organisé à la Maison-Blanche avec Donald Trump et Xi Jinping. Il souhaite discuter avec Xi de normes mondiales pour le développement de l’IA.
Les centres de données suscitent aussi des oppositions locales aux États-Unis. Huang reconnaît que le secteur aurait dû dialoguer plus tôt avec les communautés concernées. Il estime nécessaire d’échanger avec les habitants avant l’installation des infrastructures. Selon lui, les centres de données sont devenus plus économes en énergie depuis leurs débuts et utilisent moins d’eau. Il affirme aussi qu’ils soutiennent la création d’emplois et l’activité économique locale. Huang associe leur construction au retour de l’industrie manufacturière et du bâtiment. Il n’a pas présenté ces bénéfices comme une réponse définitive aux critiques locales. Son message porte plutôt sur un dialogue anticipé avec les collectivités concernées par les nouveaux projets.
La fortune de Huang alimente enfin le débat fiscal en Californie. Sa valeur nette atteint 182 milliards de dollars, ce qui le classe au huitième rang mondial selon l’indice Bloomberg Billionaires. Les électeurs californiens voteront cet automne sur une taxe visant les milliardaires. La mesure prévoirait un prélèvement unique de 5 % pour les habitants dont la fortune dépasse 1 milliard de dollars. Huang affirme qu’il ne s’oppose pas au paiement de plusieurs milliards de dollars supplémentaires si cette proposition est adoptée en novembre. Il considère cette capacité de paiement comme un privilège et une responsabilité. Il raconte aussi avoir travaillé comme plongeur chez Denny’s avant de concevoir Nvidia.
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