ClickFix piège les internautes avec de faux outils d’IA

ClickFix piège les internautes avec de faux outils d’IA

Par Arthur Dekeyser

En résumé

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ClickFix a représenté 52 % des détections de Push au deuxième trimestre 2026.

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Les campagnes imitent principalement Claude, ChatGPT et Codex pour diffuser leurs instructions malveillantes.

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Microsoft a observé des commandes ClickFix exécutées sur plus de 1,1 million d’appareils.

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Le signal : Les attaques ClickFix ont représenté 67 % des détections de Push en août 2026, avec les faux outils d’IA comme leurre croissant.

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Progression rapide ClickFix s’est imposé parmi les techniques utilisées par les cybercriminels depuis son apparition vers 2024. Au deuxième trimestre 2026, cette méthode représentait en moyenne 52 % des détections de Push. Elle a alors dépassé l’hameçonnage AiTM et le hameçonnage par code d’appareil. En août, sa part a atteint 67 %. La famille inclut désormais FileFix, InstallFix, TerminalFix et ConsentFix. Les attaques exploitent des pages web qui demandent à l’utilisateur de copier une commande ou d’installer un outil. Les recherches d’outils d’IA fournissent aujourd’hui un leurre particulièrement crédible. Les campagnes peuvent ainsi se mêler à une navigation légitime vers des services connus.

Canaux de diffusion Les moteurs de recherche jouent un rôle central dans cette progression. Parmi les attaques basées sur le navigateur interceptées par Push, une sur deux arrive par un canal autre que le courriel. Ces canaux incluent les moteurs de recherche et les réseaux sociaux. En 2026, quatre pages ClickFix interceptées sur cinq avaient été ouvertes depuis un moteur de recherche. Les vecteurs observés comprennent des sites compromis, la publicité malveillante et l’empoisonnement des résultats. Les utilisateurs recherchent aussi directement les applications d’IA qu’ils veulent essayer. Cette habitude les conduit vers des pages de résultats, précisément utilisées pour distribuer les faux installateurs.

Les faux installateurs imitent Claude

Commandes détournées Push a documenté InstallFix en mars 2026. Cette technique clone des pages d’installation pour Claude Code, Codex ou NotebookLM, puis les promeut avec des publicités de recherche. Dans un cas récent, la requête « claude mac » affichait un résultat sponsorisé redirigeant l’utilisateur vers un site marchand compromis. Celui-ci ouvrait ensuite une fausse page « Download Claude ». La page montrait la véritable commande d’installation d’Anthropic, mais son bouton de copie plaçait une autre commande dans le presse-papiers. Cette commande affichait d’abord une URL légitime, puis décodait une adresse cachée et envoyait un script téléchargé directement vers le shell.

Leurres hébergés LLMshare exploite les fonctions de partage de ChatGPT et Claude. Les attaquants créent des conversations ou des Artifacts contenant des instructions d’installation malveillantes. Ils les diffusent ensuite grâce à des publicités de recherche. Push a aussi analysé un GPT personnalisé qui répondait à chaque message par une fausse alerte de disponibilité. Cette alerte renvoyait vers une page Google Sites distribuant une charge ClickFix pour Windows. Le GPT comptait plus de 10 000 conversations lors de l’observation. Les analyses publiques d’ANY.RUN relient 1 258 échantillons à de fausses campagnes d’outils d’IA entre le 15 avril et le 5 octobre 2026. 81 % imitaient Claude, ChatGPT ou Codex.

Microsoft mesure une hausse de 23 fois

Détection contournée Le rapport Digital Defense 2026 de Microsoft indique que le volume des attaques ClickFix a été multiplié par environ 23 entre décembre 2025 et mai 2026. Entre février et début mai, Microsoft Defender a observé des commandes fournies par des attaquants sur plus de 1,1 million d’appareils uniques. Microsoft décrit ClickFix comme une technique d’accès initial parmi les plus efficaces pour convertir une victime. Selon le rapport, 96,3 % des intrusions ClickFix ont conduit à un logiciel malveillant. Les pages peuvent utiliser bing.com, chatgpt.com, sites.google.com ou des sites légitimes compromis, ce qui complique les contrôles de réputation d’URL.

Risque côté terminal ClickFix fait exécuter la commande dans un shell légitime. Cette exécution peut donc échapper aux chaînes de processus habituellement surveillées par les protections de poste. Les charges fonctionnent parfois en mémoire, sans fichier enregistré pour une analyse ultérieure. Push a observé 84 formes de commandes réparties sur plus de 20 binaires. Ces commandes étaient obfusquées pour résister à la recherche de chaînes. Les appareils personnels, les postes de prestataires, les Mac et les stations de développement peuvent aussi disposer d’une protection EDR absente ou réduite. La campagne ConsentFix, associée par Push au groupe APT29, limitait en outre son leurre à certaines adresses ciblées.

Réponse navigateur Les entreprises doivent donc examiner les pages atteignant leurs utilisateurs avant l’exécution d’une commande. Push propose une évaluation de sécurité du navigateur sur 30 jours, déployée via une solution de gestion des appareils. Lors d’un essai mené dans une entreprise financière d’environ 4 500 salariés, Push a détecté et bloqué six attaques ClickFix ainsi que dix tentatives AiTM manquées par la pile existante. Les attaques ont été interceptées dans le navigateur avant l’arrivée des charges sur les terminaux. Les équipes peuvent également suivre les outils d’IA utilisés et les extensions qui exposent les comptes. Lire l’analyse de Push sur ClickFix et consulter l’étude d’ANY.RUN.

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