Par Arthur Dekeyser
En résumé
Chaz Schlarp a confié l’analyse de cinq firmwares à un agent basé sur Claude Opus 5.
L’agent a désactivé le voyant d’une webcam et découvert un shell de 48 commandes dans un microphone.
La lampe Elgato Key Light Mini vérifiait les mises à jour, mais une commande locale permettait de contourner cette protection.
Le signal : Claude Opus 5 a aidé Chaz Schlarp à compromettre cinq appareils connectés en 13 heures de travail réparties sur deux semaines.
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Cinq appareils compromis. Le chercheur en sécurité Chaz Schlarp a confié une mission de rétro-ingénierie à un agent basé sur Claude Opus 5. L’expérience concernait cinq appareils connectés posés sur son bureau. Il s’agissait d’une webcam Insta360 Link, d’un microphone Shure MV7, d’un moniteur ASUS ROG Swift PG42UQ, d’une carte Elgato Cam Link 4K et d’une lampe Elgato Key Light Mini. L’agent devait analyser leurs firmwares et leurs mécanismes de mise à jour. Schlarp a publié son retour d’expérience le 23 août 2026. Son article original est disponible sur son site. Plusieurs manipulations ont permis de prendre le contrôle de fonctions matérielles ou logicielles.
Une méthode répétée. Schlarp récupérait le firmware et l’outil de mise à jour de chaque fabricant. Il les transmettait ensuite à l’agent, avec plusieurs objectifs précis. Claude devait décortiquer le protocole de mise à jour, recenser les fonctions cachées et examiner les protections. L’agent confrontait ensuite ses hypothèses à l’appareil physique, connecté directement. Les cinq appareils ont demandé environ 13 heures de travail effectif. Ces sessions ont généré 98 messages de la part du chercheur. Le travail s’est réparti sur deux semaines de soirées. Cette méthode est décrite dans le récit détaillé de Schlarp. Elle combinait analyse logicielle et vérification sur matériel réel.
Des contrôles inégaux. Sur la webcam Insta360 Link, l’agent a modifié la table contrôlant la LED. Cette modification a désactivé le voyant d’enregistrement. Le microphone Shure MV7 exposait un shell de commandes en clair. Cette interface accessible depuis une page web comptait 48 instructions. Elle permettait notamment de contrôler les LED et de lire ou écrire dans la mémoire. Le moniteur ASUS ROG Swift PG42UQ utilisait deux emplacements de firmware. Son mécanisme reposait aussi sur une simple somme de contrôle. Schlarp estime que cette combinaison permet théoriquement une modification sans contrainte cryptographique. Il n’a toutefois pas flashé l’écran, jugé trop coûteux à risquer.
Deux mises à jour exposées. La carte Elgato Cam Link 4K présentait également une chaîne de mise à jour sans contrôle de sécurité notable. La lampe Elgato Key Light Mini se distinguait par une vérification cryptographique des mises à jour. Cette vérification intervenait uniquement pendant la mise à jour. Aucun contrôle d’intégrité n’était effectué au démarrage. Une simple commande envoyée sur le réseau local permettait de contourner la protection. Schlarp a ainsi installé un logiciel modifié sur la lampe. Ces résultats ne démontrent pas que chaque objet connecté est immédiatement transformable en implant malveillant. Ils montrent toutefois cinq niveaux de protection différents sur des appareils du quotidien.
Un risque redéfini. Schlarp écrit qu’il partirait désormais du principe que tout périphérique connecté à un ordinateur peut être infecté. Selon lui, une telle opération aurait auparavant demandé un investissement considérable. Il l’associe aussi à une activité réservée aux acteurs étatiques. L’auteur reconnaît cependant des usages positifs à cette approche. L’IA peut faciliter l’interopérabilité et aider à diagnostiquer certains dysfonctionnements. Elle peut aussi rendre des appareils abandonnés réparables ou modifiables. Schlarp prévient néanmoins qu’un ver informatique capable de rétro-ingénierie automatisée pourrait exploiter cette accessibilité. Cette hypothèse est formulée comme une alerte par le chercheur, et non comme un résultat observé.
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