Anthropic prépare son entrée en Bourse jusqu’à 2 000 milliards
Finance #claude 4 min · 29 octobre 2026

Anthropic prépare son entrée en Bourse jusqu’à 2 000 milliards

Par Arthur Dekeyser

En résumé

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Anthropic a publié son formulaire S-1 avant une possible cotation sur le Nasdaq.

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L’entreprise a généré 16,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires au premier semestre 2026.

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Sa structure de vote donne aux sept cofondateurs 50,1 % des droits de vote.

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Le signal : Anthropic vise le Nasdaq sous le symbole ANT, avec une valorisation potentielle de 1 500 à 2 000 milliards de dollars.

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Anthropic prépare son arrivée à Wall Street après avoir rendu public son formulaire S-1 le lundi 26 octobre 2026. Ce document est exigé par la SEC avant une introduction en Bourse. L’entreprise prévoit une cotation sur le Nasdaq, sous le symbole ANT. Selon le Wall Street Journal, l’opération pourrait intervenir dès la semaine du 16 novembre. La valorisation envisagée se situe entre 1 500 et 2 000 milliards de dollars. Le nombre d’actions proposées et leur prix ne sont pas encore fixés. Le S-1 dévoile toutefois les premiers comptes détaillés d’Anthropic. Ils montrent une forte croissance, mais aussi une lecture financière plus complexe que les seuls montants de pertes.

Les comptes montrent 16,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires au premier semestre 2026. Anthropic avait réalisé 4,6 milliards sur l’ensemble de 2025. Sur les premiers semestres, le chiffre d’affaires est passé de 1,16 milliard en 2025 à 16,3 milliards en 2026. Jérôme Marin, fondateur de Cafétech et ancien correspondant du Monde à San Francisco, décrit une multiplication par 14. Anthropic a ensuite indiqué 16,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires à ses investisseurs au troisième trimestre, selon le Wall Street Journal. Jérôme Marin estime néanmoins que la croissance commence à ralentir. Cette évolution compte, car la valorisation repose sur la capacité de l’entreprise à maintenir une progression élevée.

Anthropic publie ses premiers comptes

Les pertes affichées atteignent 80,7 milliards de dollars au premier semestre 2026. En 2025, elles s’élevaient à environ 42 milliards. Jérôme Marin précise que ces montants incluent surtout des écritures liées aux obligations convertibles. La hausse de valeur de ces titres est comptabilisée comme une perte. Elle représente 72,4 milliards des 80,7 milliards annoncés. Le résultat opérationnel donne une autre lecture de l’activité. Anthropic accuse une perte opérationnelle de 693 millions de dollars sur le semestre. Le premier trimestre affichait environ 1,7 milliard de perte opérationnelle. Le deuxième a dégagé un premier bénéfice opérationnel, de 974 millions de dollars.

Le modèle économique présente aussi une amélioration mesurable. Les dépenses de puissance de calcul ont atteint près de 9 milliards de dollars au premier semestre, infrastructures comprises. Pour la première fois sur un semestre, elles sont inférieures au chiffre d’affaires. Le chiffre d’affaires a été multiplié par 14, tandis que le coût du calcul a été multiplié par quatre. La marge brute, calculée sur le coût de l’inférence, est passée de moins 94 % en 2024 à 40 % l’année suivante, puis à 85 %. Claude utilise moins de puissance pour réaliser certaines tâches. Les abonnements représentent environ 20 % du chiffre d’affaires. L’API et les grands comptes représentent les 80 % restants, avec une facturation à l’usage.

Les droits de vote restent concentrés

La gouvernance distingue cinq catégories d’actions. Le public pourra acheter des actions de classe A. Une action de classe F, détenue par une société appartenant aux sept cofondateurs, leur confère 50,1 % des droits de vote. Les investisseurs des précédentes levées de fonds détiendront des actions de classe N, sans droit de vote. Les salariés recevront des actions de classe E, dont le vote porte sur quelques sujets liés au Trust. L’action de classe T appartient au Long-Term Benefit Trust. Cette structure peut élire la majorité du conseil d’administration. Jérôme Marin estime donc que les futurs actionnaires publics auront un poids limité dans les décisions d’Anthropic.

Le document recense 80 facteurs de risque sur 94 pages. Il évoque la concurrence, l’historique de pertes et des risques liés à l’intelligence artificielle. Jérôme Marin cite notamment la possibilité d’événements catastrophiques ou d’un danger existentiel pour l’humanité. Le document décrit aussi des tensions avec l’administration Trump autour de la régulation de l’IA. Anthropic estime que cette situation pourrait lui faire perdre des contrats. Début mars, le Pentagone avait désigné l’entreprise comme un risque pour la chaîne d’approvisionnement. Anthropic refusait alors l’usage de Claude pour la surveillance de masse des Américains ou pour des armes entièrement autonomes. Le formulaire S-1 d’Anthropic détaille ces éléments.

La course boursière oppose aussi Anthropic à OpenAI. Jérôme Marin estime que le premier entrant pourrait bénéficier d’un intérêt élevé pour les actions d’IA. OpenAI a repoussé son introduction en Bourse, selon son analyse, car l’entreprise perd encore beaucoup d’argent. Anthropic dispose, elle, d’un deuxième trimestre bénéficiaire sur le plan opérationnel. Une envolée de l’action Anthropic pourrait permettre à OpenAI de défendre une valorisation comparable. Une baisse donnerait au contraire un signal plus difficile pour l’opération suivante. Le calendrier reste donc central pour les deux entreprises. Le Wall Street Journal analyse les comptes d’Anthropic, tandis que Cafétech publie les analyses de Jérôme Marin.

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