Le prochain jackpot de l'IA est terriblement ennuyeux 🥱
Par Arthur Dekeyser
Bullish sur les bureaucrates : Andreessen Horowitz, le fonds derrière Airbnb, Stripe et Facebook, vient de publier une thèse qui va à contre-courant de toute la hype IA : “la plus grosse opportunité n’est pas dans les robots humanoïdes, les modèles de fondation ou les assistants conversationnels. C’est dans la compliance !”
Explication : la compliance, ou conformité en français, c’est le fait de vérifier que les entreprises respectent bien les règles, dans la banque, la finance, l’assurance. Ça a l’air niche comme ça, mais c’est huge : plus de 400 000 compliance officers rien qu’aux États-Unis, pour 40 milliards de dollars de masse salariale annuelle.
Fun fact : c’est le métier qui a eu la plus grosse croissance ces 20 dernières années juste après la manucure.
Une erreur peut coûter cher sur ce marché : prenons l’exemple de TD Bank qui s’est pris 3 milliards d’amende en 2024 pour avoir raté 92% de ses transactions suspectes. Leur réponse a été de recruter massivement et ça n’a rien changé. Le vrai problème c’est que ce métier consiste principalement à copier des infos entre des vieux logiciels, vérifier des documents à la main, et surveiller des dossiers en continu. Un travail répétitif, coûteux, et où une seule erreur peut couter des millions.
Merci l’IA : il y a quelques années, remplacer ces équipes par de l’IA était impossible, la marge d’erreur était trop haute, et dans ce métier, le moindre document mal lu, c’est un procès. Maintenant, les nouveaux modèles lisent des documents de plusieurs centaines de pages avec une précision quasi-humaine. Résultat : un vrai boulevard s’ouvre pour construire les nouveaux outils qui vont remplacer ces vieux systèmes.
Le use case pour faire une billion company : on entre dans une économie numérique de surabondance. Les fraudes, les erreurs, les arnaques vont continuer d’exploser. Je suis donc ultra bullish sur le fait de se placer en label de confiance pour valider la conformité des pratiques sur une industrie donnée avec par exemple “un label pour valider une production érotique 100% éthique”, ou “un validateur pour surveiller la qualité des sources de tous les médias”. Bref, le potentiel est infini. L’exécution, elle, sera ardue.
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