L'IA va tuer l'économie
Analyse 2 min · 16 juin 2026

L'IA va tuer l'économie

Par Arthur Dekeyser

  • Tout part de cette phrase de Satya Nadella, DG de Microsoft, publiée dans un long post sur X dimanche dernier : “sans direction humaine, vous avez de la puissance de calcul qui tourne en rond.” D’après lui l’enjeu n’est pas de choisir le meilleur modèle du moment, mais de construire une boucle d’apprentissage où le jugement humain et la capacité des machines se renforcent mutuellement.
  • Et il a raison. Tous les modèles se ressemblent de près ou de loin et ce n’est pas un hasard : ils ont tous été entraînés sur des productions humaines passées. Ce qui signifie qu’ils ne peuvent encore qu’imiter, pas créer. La valeur résidera donc dans ce que l’IA ne peut pas reproduire, l’innovation, l’expérience unique, le goût forgé par le chaos de la vie.
  • Sauf que là, Nadella fait un raccourci dangereux. Cette fonction créatrice dont il parle, celle qui donne une direction à l’IA, qui apporte le goût et l’intention, concerne une minorité de la population active. 80% des employés sont des exécutants purs. Pas des créateurs. Pas des directeurs artistiques.
  • Ça nous amène à la publication du Moment Citrini : Le jour où cet essai a été publié, la bourse a chuté de 200 milliards de dollars en une seule journée, avec des pertes de 9% pour le secteur du logiciel.
  • James van Geelen, fondateur de Citrini Research, une firme quasi inconnue, publie sur Substack un récit de 7 000 mots écrit depuis l’an 2028. Le pitch : l’IA remplace massivement les cols blancs, ces travailleurs réduisent leurs dépenses, fragilisent les entreprises qui leur vendaient des services, ces entreprises investissent davantage dans l’IA pour protéger leurs marges ce qui déclenche une nouvelle vague de licenciements. La boucle est fermée et elle n’a pas de frein naturel. Dans le scénario le S&P à -38%, chômage à 10,2%, marchés hypothécaires sous tension en juin 2028. Et trois concepts qui résument tout la “Grande Substitution”, la “Chute de la Consommation” et le “PIB Fantôme”, la production générée par l’IA apparaît dans les comptes nationaux mais ne circule jamais dans l’économie réelle. Les machines ne dépensent pas en biens non essentiels. Zéro.
  • Le communisme à tout prix : on est donc face à une narrative rassurante du patron de Microsoft qui revalorise l’humain sur une fonction créatrice minoritaire, là où le vrai risque économique est ailleurs, dans le remplacement massif de ceux qui exécutent. Si ce remplacement est trop conséquent, on arrive exactement au scénario Citrini. Affaire à suivre…

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