L'apocalypse de l'emploi liée à l'IA serait une totale méprise
Par Arthur Dekeyser
Un rapport est sorti, et il rabat les cartes : 90% des entreprises américaines ayant adopté l’IA ces 3 dernières années n’ont constaté aucun changement dans leurs effectifs. L’Institut national de la statistique américain confirme, seulement 5% des entreprises utilisant l’IA ont signalé une variation d’effectifs, et ces 5% se répartissent presque également entre ceux qui ont embauché et ceux qui ont réduit.
Un problème qui historiquement ne tient pas : l’argumentaire sur la destruction de l’emploi repose sur un postulat unique, la quantité de travail dans l’économie est fixe. C’est ce que les économistes appellent “l’erreur de la masse de travail”. Elle a été testée face à chaque grande vague technologique depuis 200 ans. Elle s’est révélée systématiquement fausse. L’emploi agricole américain est passé d’un tiers de la population active à moins de 2% au XXe siècle, les gens n’ont pas chômé, ils ont rejoint l’industrie, les services, la santé, la tech. Le travail ne disparaît pas, il se déplace. Ce qui change vraiment : les effectifs restent stables, mais la nature du travail évolue plus vite que les fiches de poste. Le recruteur d’une entreprise IA fait aujourd’hui un travail radicalement différent d’il y a deux ans, moins de présélection répétitive, plus de stratégie relationnelle. Même titre de poste, mais des périmètres complètement différents. Le même phénomène est partout.
Je me suis trompé😅 J’ai longtemps cru à un remplacement massif par l’IA, mais ce rapport soutient une réalité observable que j’ignorais : il y a en réalité très peu d’entreprises qui aient véritablement licencié des CDI pour les remplacer par de l’IA.Le motif a été utilisé, mais c’était presque toujours une crise économique sous-jacente.
Mais qu’en est-il des freelances ? Eux subissent chaque mois les évolutions du marché, ils délivrent un livrable, sur un marché ouvert, en concurrence directe avec n’importe qui. Quand l’IA produit un logo correct en 2 minutes, le graphiste en free perd un client. Pas le directeur artistique en interne. C’est une constante historique : dans chaque période de bouleversement technologique, ce sont toujours les indépendants qui ont dû se réinventer en premier. Les cochers remplacés par la voiture, les artisans par les usines, les photographes de rue par les smartphones. Finalement rien de nouveau. - Quelle noblesse de pouvoir créer de la valeur par ses propres moyens ! Si vous vous sentez un peu déprimés par cette news, cette tirade de Bergerac devrait vous requinquer :YouTube
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