Et si le cinéma français était le rempart contre l'IA ?
Analyse 2 min · 7 juillet 2026

Et si le cinéma français était le rempart contre l'IA ?

Par Arthur Dekeyser

  • Tout part des US : Midjourney demande à un tribunal fédéral d’obliger Warner Bros, Disney et Universal à révéler comment ils utilisent l’IA dans leurs propres productions. L’objectif pour Midjourney est de se dédouaner des responsabilités d’atteinte aux droits d’auteur en invoquant la mauvaise foi des studios hollywoodiens.
  • La décision du juge : Il a refusé de tout divulguer, mais a imposé la transparence sur les usages IA “grand public”. Disney, qui avait annoncé 1 milliard d’investissement dans OpenAI pour amener ses personnages sur Sora, se retrouve dans une position cocasse : attaquer Midjourney pour violation de droits d’auteur tout en utilisant eux-mêmes des modèles IA entraînés sur des œuvres tierces.
  • Ce qui se joue vraiment : l’IA ouvre une nouvelle voie pour le cinéma, pas seulement produire des films, mais faire vivre une IP bien au-delà du grand écran. Imaginez un univers narratif qui s’étend en temps réel sur les réseaux sociaux, dans des jeux vidéo, des expériences interactives, alimenté en continu par des outils génératifs. C’est ça le vrai potentiel : transformer une IP en écosystème vivant pour les fans, pas juste un film tous les deux ans.
  • Faire des films avec l’IA est une connerie : l’IA peut accélérer certains workflows créatifs, et c’est une bonne chose. Mais quand les studios l’utilisent massivement pour produire toujours plus d’effets spéciaux, ils se lancent dans une course aux armements sans fin, toujours plus de tout… avec des process créatifs facilement copiables et, si Midjourney gagne ce procès, légalement stockables et donc volables. Résultat : plus aucune valeur ajoutée, juste du volume.
  • French Paradox : J’ai pu voir dans mon enfance les coulisses du cinéma français, c’est un milieu qui a sorti son génie créatif par la contrainte budgétaire, parce qu’on ne peut pas rivaliser avec Hollywood sur l’argent. Un film comme Anatomie d’une chute coûte une fraction d’un blockbuster Marvel et rafle une Palme d’or et un Oscar du scénario. Les gros studios américains sont actuellement en crise à cause des films dupliqués, des formules épuisées. Et pourtant, les plus grands classiques du cinéma américain sont souvent nés de contraintes Le Parrain, dont Paramount coupait régulièrement le budget, et Pulp Fiction.
  • Et on en revient toujours à l’offre et la demande : la sur-inflation de contenu que va créer l’IA détruira totalement la valeur de l’artifice. Et on reviendra à l’essentiel comment, grâce à notre sensibilité, créer une émotion qui produira de la vraie valeur économique.

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