# Rémy Bozonnet pointe l’angle mort des entreprises face à l’IA

> Rémy Bozonnet estime que l’AI Act impose d’abord aux entreprises de recenser leurs systèmes IA, leurs usages, leurs risques et leurs responsabilités.

Type : Actualité IA · Catégorie : Stratégie · Publié le 2026-10-22 · Signal IA - Order & Chaos
Source : https://www.orderchaos.eu/signal-ia/actu/remy-bozonnet-alerte-les-entreprises-ignorent-leurs-ia
Tags : ai act, gouvernance, conformité, inventaire, rgpd, legislation-ia

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## En résumé

- Les entreprises doivent recenser les systèmes IA utilisés dans leurs organisations.
- La classification des risques dépend de l’inventaire et du rôle dans la chaîne de valeur.
- La littératie en IA complète les procédures liées aux données personnelles et au RGPD.

**Le signal :** Rémy Bozonnet place l’inventaire des systèmes IA au premier rang des exigences de gouvernance liées à l’AI Act.

**Rémy Bozonnet alerte** sur une difficulté concrète liée à l’[AI Act](/signal-ia/actu/ai-act-echeance-aout-2026-ce-qui-change). Dans une tribune publiée le 22 octobre 2026, l’expert Privacy chez Adequacy affirme que les entreprises ne savent pas toujours quels systèmes d’intelligence artificielle fonctionnent réellement dans leurs organisations. Un dirigeant peut connaître l’assistant conversationnel déployé par la DSI. Il peut ignorer celui qu’un service marketing a adopté seul. Un module de recommandation intégré depuis deux ans à un logiciel RH peut également rester invisible. L’enjeu consiste donc d’abord à établir une liste fiable des usages. La tribune est à lire sur [Maddyness](https://www.maddyness.com/2026/10/22/ai-act-inventaire-systemes-ia-entreprise/), qui présente cette analyse de Rémy Bozonnet.

**L’AI Act exige des preuves** plutôt qu’une simple checklist. Les organisations doivent pouvoir démontrer quels systèmes elles utilisent, dans quel but, avec quel niveau de risque et sous quelle responsabilité. Le texte n’impose pas une liste standardisée. La checklist devient toutefois un moyen pratique d’organiser cette démonstration. Le premier travail consiste à recenser les outils réellement présents. Cette étape fait souvent apparaître des usages inconnus de la direction juridique et de la DSI. La tribune cite notamment le tri de candidatures, l’analyse documentaire et les modèles intégrés dans des solutions métier. L’AI Act ne crée pas ces usages. Il les rend visibles et leur associe des conséquences.

## L’inventaire précède la classification des risques

**Les quatre niveaux de risque** ne peuvent être appliqués qu’aux systèmes identifiés. La classification va des pratiques interdites au risque minimal. Les obligations dépendent aussi du rôle occupé dans la chaîne de valeur. Une entreprise peut agir comme fournisseur, déployeur, importateur ou distributeur. La tribune prend l’exemple d’une IA utilisée pour assister les recruteurs sans automatiser la décision finale. L’entreprise devra expliquer pourquoi cet usage ne relève pas du haut risque. Elle devra aussi démontrer qu’elle respecte les exigences applicables si cette qualification s’impose. Cette explication doit être préparée avant un contrôle. Elle ne peut pas être construite au moment du contrôle.

**La littératie en IA complète** l’inventaire et la qualification des systèmes. Les personnes qui utilisent ces outils doivent comprendre leurs limites et leurs biais possibles. Elles doivent aussi connaître leurs effets sur les données personnelles et leur propre responsabilité. Cette démarche dépasse l’apprentissage technique d’un logiciel. Elle vise une culture partagée autour des usages de l’intelligence artificielle. Le [RGPD](/signal-ia/actu/fabrice-mattatia-decrypte-les-pieges-juridiques-de-lia) continue de s’appliquer lorsqu’un système traite des données personnelles. La base légale, la minimisation, l’information des personnes et parfois l’analyse d’impact restent nécessaires. Les organisations disposant d’une discipline RGPD peuvent s’appuyer sur cette expérience, sans recréer des silos entre équipes.

## La gouvernance doit suivre chaque nouvel outil

**La [conformité](/signal-ia/actu/a-poitiers-la-cnil-met-lia-et-le-rgpd-en-debat) reste un processus continu** selon l’analyse publiée par [Maddyness](https://www.maddyness.com/2026/10/22/ai-act-inventaire-systemes-ia-entreprise/). Chaque nouvel outil appelle une nouvelle qualification. Un changement de fournisseur peut également modifier l’analyse. L’intégration d’un modèle à usage général dans un produit constitue une autre étape à examiner. La conformité ne se clôt donc pas après le remplissage d’un registre. Elle dépend d’un réflexe durable d’inventaire, d’explication et de responsabilité. Rémy Bozonnet présente l’AI Act comme un outil de gouvernance pour les organisations qui le prennent au sérieux. Savoir ce qui est utilisé, pourquoi et avec quelles garanties devient ainsi une condition pour décider des usages retenus.
