# MAPL-EMIT repère 84 % des panaches de méthane depuis l’espace

> Google et la NASA JPL présentent MAPL-EMIT, un modèle qui détecte et localise les panaches de méthane dans les données satellitaires d’EMIT.

Type : Actualité IA · Catégorie : Tendances · Publié le 2026-10-01 · Signal IA - Order & Chaos · Secteur : Industrie
Source : https://www.orderchaos.eu/signal-ia/actu/mapl-emit-repere-les-panaches-de-methane-depuis-lespace
Tags : méthane, satellite, apprentissage profond, climat, inference

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## En résumé

- Google et la NASA JPL ont développé MAPL-EMIT pour cartographier les panaches de méthane.
- Le modèle atteint 84 % de rappel sur des panaches annotés par des experts.
- Les équipes ont entraîné MAPL-EMIT avec 3,6 millions de panaches synthétiques.

**Le signal :** MAPL-EMIT atteint 84 % de rappel sur des panaches annotés par des experts et détecte environ 50 % de panaches plausibles supplémentaires.

**Google et la NASA JPL** présentent MAPL-EMIT, un modèle d’[apprentissage profond](/signal-ia/actu/google-detecte-84-pourcent-des-panaches-de-methane-par-satellite) destiné à détecter les émissions de méthane depuis l’espace. Le système analyse les données hyperspectrales de l’instrument EMIT, installé sur la Station spatiale internationale. Il détecte les panaches, mesure leur concentration et estime l’emplacement de leur source. Les résultats sont décrits dans une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. Sur des panaches annotés par des experts, MAPL-EMIT atteint un rappel de 84 %. Il identifie aussi environ 50 % de panaches plausibles supplémentaires sur près de 1 100 granules EMIT. Google présente cette approche comme un outil de cartographie mondiale des émissions ponctuelles.

**Le [méthane](/signal-ia/actu/google-et-la-nasa-traquent-le-methane-depuis-lespace) réchauffe fortement** l’atmosphère sur une période de cent ans. Son potentiel de réchauffement est présenté comme 30 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone. Il aurait contribué à environ 25 % du réchauffement d’origine humaine depuis le début de l’ère industrielle. Plus de 125 pays ont rejoint le Global Methane Pledge, qui fixe un objectif de réduction de 30 % des émissions d’ici 2030. Le suivi concerne notamment les infrastructures pétrolières et gazières, les installations agricoles et les décharges. Ces émissions peuvent provenir de sources ponctuelles occupant quelques dizaines de mètres. Leur localisation facilite donc le ciblage des actions de réduction.

## EMIT mesure les sources ponctuelles

**L’instrument EMIT** observe les surfaces avec un champ de vision de 80 kilomètres et une résolution spatiale de 60 mètres. Sa résolution spectrale atteint un échantillonnage de 7,4 nanomètres. Il enregistre des centaines de bandes lumineuses par pixel, ce qui permet d’identifier la signature chimique du méthane. TROPOMI adopte une autre combinaison, avec une fauchée d’environ 2 600 kilomètres et une résolution d’environ 5,5 kilomètres sur 3,5 kilomètres. EMIT privilégie donc l’observation à l’échelle des installations. Les paysages complexes peuvent toutefois produire des signaux ressemblant au méthane. MAPL-EMIT analyse le spectre et le contexte spatial pour mieux distinguer un panache dispersé d’un simple matériau du sol.

**Le modèle Swin-S** traite simultanément trois tâches. Il quantifie la concentration de méthane dans chaque pixel d’un panache. Il délimite ensuite la forme et les frontières du panache, y compris lorsque plusieurs émissions se recouvrent. Enfin, il remonte le déplacement du gaz pour localiser la source. Cette approche vise les zones industrielles où plusieurs installations voisines peuvent produire un nuage commun. Pour entraîner le système, les équipes ont créé 3,6 millions de panaches synthétiques. Elles les ont injectés dans de vraies scènes hyperspectrales d’EMIT. Des modèles physiques de bouffées lagrangiennes ont simulé différentes émissions et conditions atmosphériques turbulentes.

## Google publie les outils d’analyse

**Les résultats réels** montrent que MAPL-EMIT cartographie les panaches sur des environnements variés. Le modèle a identifié des émissions dans 24 des 25 décharges les plus émettrices au monde. Sa sensibilité améliore la détection d’émissions plus faibles, selon les résultats présentés par [Google](/signal-ia/actu/google-et-la-nasa-reperent-le-methane-depuis-lespace). Les faux positifs restent possibles, notamment sur des terrains complexes. Chaque panache est donc associé à des scores de confiance fondés sur l’ajustement spectral, la répétition des détections et plusieurs autres propriétés. Les utilisateurs peuvent ainsi arbitrer entre le nombre de panaches captés et le risque de fausses détections. Les données montrent aussi des émissions persistantes sur une décharge d’Amman, en Jordanie.

**Google et NASA JPL** mettent plusieurs ressources à disposition des chercheurs et des acteurs locaux. La base mondiale des panaches est accessible dans [Earth Engine](https://developers.google.com/earth-engine/datasets/catalog/projects_nature-trace_assets_ghg_emit_mapl_emit_plumes_v1_0), avec une base dédiée aux améliorations de méthane. Une application permet de visualiser les panaches sur une carte. Le modèle entraîné et les panaches synthétiques sont disponibles sur [Kaggle](https://www.kaggle.com/models/vishalbatchu/emit-methane-plume-detection-and-quantification/). La bibliothèque d’inférence est publiée sur GitHub, selon l’annonce de Google. L’étude complète est disponible dans [PNAS](https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2612145123). Google indique que de futurs spectromètres imageurs de la NASA pourraient multiplier la couverture par 30 à 50.
