# L’Europe finance l’IA, mais peine encore à la vendre

> Les startups européennes d’IA ont levé 23 milliards de dollars au premier semestre 2026, mais leur souveraineté dépend aussi des clients.

Type : Actualité IA · Catégorie : Stratégie · Publié le 2026-10-06 · Signal IA - Order & Chaos
Source : https://www.orderchaos.eu/signal-ia/actu/leurope-leve-23-milliards-ses-startups-cherchent-des-clients
Tags : ia souveraine, startups, financement, europe, infrastructure, levee-de-fonds, souverainete-ia, inference

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## En résumé

- Les startups européennes d’IA ont levé 23 milliards de dollars au premier semestre 2026.
- Axelera AI vend ses puces d’inférence à environ 600 clients.
- Les achats des gouvernements et des grandes entreprises peuvent soutenir la croissance des acteurs européens.

**Le signal :** Les startups européennes d’IA ont levé 23 milliards de dollars au premier semestre 2026, soit 130 % de plus sur un an.

**23 milliards levés** Les startups européennes spécialisées dans l’intelligence artificielle ont levé 23 milliards de dollars au premier semestre 2026. Ce montant progresse de 130 % sur un an. Il représente 55 % du [financement](/signal-ia/actu/nvidia-vise-plus-de-500-milliards-pour-financer-lia) en capital-risque de la région sur cette période. Ces chiffres proviennent d’un rapport conjoint de Crunchbase et HumanX. Pourtant, le financement ne suffit pas à assurer davantage de contrôle européen sur l’avenir de l’IA. Les gouvernements et les grandes entreprises doivent aussi acheter les produits développés par ces startups. Cette question a émergé lors de la conférence HumanX organisée à Amsterdam. Elle place les décisions d’achat au centre du débat sur l’IA souveraine.

**La souveraineté se spécialise** Fabrizio Del Maffeo, fondateur et directeur général d’Axelera AI, et Mehdi Ghissassi, directeur produit et technologie d’AI71, défendent une approche ciblée. Selon eux, un pays n’a pas besoin de posséder chaque couche de la chaîne technologique. Nvidia décrit cette chaîne comme un ensemble de cinq niveaux comprenant l’énergie, les puces, l’[infrastructure](/signal-ia/actu/mistral-depasse-21-milliards-deuros-grace-a-samsung), les modèles et les applications. Del Maffeo voit une possibilité européenne dans les semi-conducteurs dédiés à l’inférence. Ghissassi privilégie les applications qui permettent aux gouvernements et aux entreprises de conserver leurs données. Leurs interventions sont rapportées dans [l’article original de Crunchbase News](https://news.crunchbase.com/ai/humanx-amsterdam-europe-sovereign-ai-user-push/).

## Axelera AI vend ses puces

**Des puces pour l’inférence** Axelera AI développe des puces destinées à exécuter l’inférence en dehors des centres de données centralisés. Fabrizio Del Maffeo estime que le traitement se déplacera progressivement vers des appareils situés plus près du monde physique. Ces appareils nécessitent des puces spécifiques, capables de fonctionner efficacement et à moindre coût. La société, créée il y a cinq ans, commercialise déjà deux générations de puces. Elle les vend à environ 600 clients. Sa prochaine étape consiste à développer des produits destinés à l’informatique en nuage décentralisée. Del Maffeo considère que cette spécialisation peut créer de la valeur sans chercher à contrôler l’intégralité de la chaîne technologique.

**L’exemple des Émirats** AI71, basée à Abou Dhabi, travaille avec de grandes organisations et des agences gouvernementales. Mehdi Ghissassi affirme que les Émirats arabes unis disposent de la plus grande capacité de calcul par habitant au monde. Chaque agence gouvernementale bénéficie d’un mandat de trois mois pour mettre en place des processus utilisant des agents au service des citoyens. L’objectif annoncé est qu’un agent d’IA intervienne dans la moitié des interactions de chaque citoyen avec le gouvernement au cours des deux prochaines années. Ghissassi cite aussi l’énergie abondante et peu coûteuse, les nuages souverains, les installations locales et les nuages mondiaux comme facteurs de déploiement.

## L’Europe cherche ses acheteurs

**Les modèles concentrent les coûts** Mehdi Ghissassi estime que l’[Europe](/signal-ia/actu/alibaba-accelere-son-offensive-numerique-en-europe) ne devrait pas chercher à rivaliser prioritairement au niveau des modèles. Selon lui, seules deux, trois ou quatre entreprises pourraient financer cette compétition, compte tenu des capitaux nécessaires. Il juge aussi que les modèles se banalisent rapidement. Pour la souveraineté, il privilégie la couche applicative, car elle doit permettre à un gouvernement ou à une entreprise de garder ses données, ses secrets commerciaux et son savoir-faire. Fabrizio Del Maffeo décrit une autre contrainte européenne. La région est importatrice nette d’énergie et ne dispose pas de toute la capacité de calcul nécessaire aux réseaux neuronaux et aux laboratoires de pointe.

**Les achats créent la demande** L’Europe possède toutefois des atouts identifiés par Del Maffeo. Elle dispose d’importants viviers de chercheurs et d’une population de 440 millions de personnes susceptibles de bénéficier de l’IA. Il estime que la région ne doit pas chercher à contrôler toute la chaîne, mais créer de la valeur économique. Il relève aussi une culture moins établie d’achats auprès des startups par les grandes entreprises européennes. Cette situation ne produit pas le même mécanisme de croissance que celui observé aux États-Unis, selon lui. Les mandats publics, les achats privés et l’accès au calcul deviennent donc des leviers concrets pour transformer les levées de fonds en activité économique.
Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [les outils IA pour la comptabilité des PME](/signal-ia/guides/ia-comptabilite-outils-pme-2026).
