# Forvis Mazars révèle que 66 % des pros utilisent l’IA fantôme

> Le Shadow AI touche 66 % des répondants, tandis que les entreprises privilégient la tolérance et peinent encore à former leurs salariés.

Type : Actualité IA · Catégorie : Stratégie · Publié le 2026-10-27 · Signal IA - Order & Chaos
Source : https://www.orderchaos.eu/signal-ia/actu/en-france-lia-fantome-sinstalle-sans-regle-ni-formation
Tags : shadow ai, gouvernance, formation, rgpd, agents ia, legislation-ia

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## En résumé

- Le Shadow AI concerne 66 % des professionnels interrogés dans quatre pays européens.
- Les entreprises françaises forment moins leurs salariés à l’IA que celles du Royaume-Uni.
- Les agents autonomes imposent de contrôler les droits, les actions et les décisions irréversibles.

**Le signal :** En France, une entreprise sur cinq décrit le Shadow AI comme une pratique répandue.

## Un baromètre européen

**Le Shadow AI concerne 66 % des répondants à la deuxième édition du Baromètre IA Entreprise et Durabilité.** L’étude a été menée en mars 2026 auprès de 826 professionnels de l’IT et du digital. Elle couvre la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne. Dejan Glavas, professeur de finance et IA à l’ESSCA, en est coauteur avec Laurent Inard, de Forvis Mazars. Les salariés utilisent parfois des assistants non validés après avoir adopté un outil avant l’offre interne. La performance perçue et le confort d’usage expliquent aussi cette persistance. Un outil interne jugé moins performant, plus lent ou moins pratique conserve donc un désavantage concret. [Lire l’entretien complet](https://www.blogdumoderateur.com/ia-entreprise-regle-formation-tard-usage-installe-seul/).

## La France accuse un écart

**Une entreprise française sur cinq décrit le Shadow AI comme répandu.** Cette proportion atteint une sur dix dans les trois autres pays étudiés. Moins d’une entreprise française sur deux forme ses salariés à l’IA. Au Royaume-Uni, cette proportion atteint trois entreprises sur quatre. En France, environ un tiers des organisations a rédigé des lignes directrices éthiques, contre sept sur dix outre-Manche. Plus de quatre entreprises françaises sur dix ne disposent pas d’outils pour interroger leurs documents internes avec l’IA. Ces écarts accompagnent une installation autonome des pratiques. Le baromètre indique aussi que la tolérance constitue la réponse la plus fréquente, avec 24 % des entreprises concernées.

## Les entreprises encadrent les usages

**Une entreprise sur huit constate que le Shadow AI continue malgré une interdiction claire.** La tolérance concerne une entreprise sur quatre. Dejan Glavas la considère comme une position fragile lorsque l’organisation connaît l’usage sans définir de règles. Il recommande plutôt d’interdire précisément la saisie de données clients, d’éléments de paie ou d’un contrat en négociation dans un outil grand public. Les autres pratiques peuvent être encadrées par usage, outil et type de données. La transcription des réunions fait partie des usages sous-estimés. Quatre entreprises sur cinq utilisent des modèles de langage pour les résumés, comptes rendus de visioconférences et courriels. En France, quatre répondants sur dix déclarent un consentement explicite et tracé.

## L’AI Act impose de nouvelles obligations

**Depuis le 2 août 2026, l’AI Act impose notamment d’indiquer à une personne qu’elle échange avec une machine et d’identifier les contenus générés par l’IA.** Depuis février 2025, les entreprises doivent aussi fournir un niveau suffisant de connaissance des outils. Les systèmes à haut risque, comme certains usages du recrutement, entreront dans le champ concerné en décembre 2027. Moins de trois répondants sur dix déclarent toutefois que leur entreprise connaît bien le texte. Cette proportion tombe à un sur huit dans les petites structures. Le baromètre recommande un inventaire anonyme des outils, tâches et données, puis un classement entre usages permis, conditionnels et interdits.

## Les agents changent la question

**Plus d’une entreprise française sur trois utilise déjà des agents autonomes.** À l’échelle européenne, près de la moitié des entreprises en utilisent ou les testent. Ces agents peuvent envoyer un courriel, modifier un fichier ou passer une commande avec une intervention humaine limitée. Le contrôle porte donc aussi sur leurs actions et leurs droits. Les développeurs utilisent des limites d’accès, un journal des actions et une validation humaine avant toute décision irréversible. Dejan Glavas conseille de tenir un registre des agents et de désigner un responsable pour chacun. Il cite également le [NIST AI Risk Management Framework](https://www.nist.gov/itl/ai-risk-management-framework) et les normes ISO 42001, 42005 et 23894. La présentation de l’ESSCA est disponible [ici](https://www.essca.eu/actualites/barometre-ia-2026-entreprises-accelerent-gouvernance-doit-suivre/).
Pour aller plus loin, consultez notre guide sur [la formation IA et les obligations de l'AI Act](/signal-ia/guides/formation-ia-entreprise-ai-act-2026).
